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Vfanusc. de la Bibliolh. Mazarine, n* 1719. loin. II. f 106 veroo
A M. DE GASSION
Paris,] 7 juin i (j'i \
Moi
isieur,
Je vous escris celle-cy pour vous donner avis que, sur les divers desseins que pourroient former les ennemis contre nous, dont il v en auroit peut-estre quelqu'un qui regarderoit nos frontières1, l'intention de la Reyne est que, en ce cas-là, vous y veniez pour les asseurer. Elle sçait combien vous estes utile partout où vous vous trouvez, et la peine qu'aura Son Altesse royale de se voir privée d'un homme de si grand service: mais Sa Majesté a une telle confiance en vostre capacité, en vostre vigilance et en vostre courage,. que, si les ennemis entreprenoient rien de ce costé-là, elle ne sçauroit avoir l'esprit en repos qu'elle ne sçache que vous y soyez. Je ne doute point que ce ne soit avec grande joye que vous vous portiez à faire ce qui est de sa volonté, el que vostre plus forte passion ne soit de plaire à une maistresse qui
à cetle époque. Le prince demandait . au nom 1I0 sa belle-fille la duchesse d'Enghien, le partage de la succession du cardinal de Richelieu, maigre' les clauses formelles de >on festament. Ce procès donna lieu à des plaidoyers, où des avocals célèbres de l'époque. Hiiaire et Gaultier, parlèrent avec une grande liberté. (Voyez le Journal d'Olivier d'Ormesson, t. I, p. 178, 182, etc.) Comme l'avidité et l'ambition du prince de Condé inquiétaient la Cour, la Reyne résolut : • donner un témoignage public d'amitié ;i la duchesse d'Aiguillon, en allant passer quelques jours dans son château de Ruel ou Rueil. Olivier d'Ormesson écrivait le 9 G mai :
rrLa Reine lait estât daller à Ruel. el Ion me dit que l'on avoit tasché à l'obliger de venir au Conseil, pour empescher que M. Ii Prince n'y prist toute l'autorité. - La Reine ne parut pas au Conseil ; mais le voyage de Ruel eut lieu au mois de juin 1 644. (Vo\o/ le même journal, t. I. p. 188.)
L'avocat général, qui conclut contre le prince de Condé. se nommait Rriquet.
( Yovcz le Journal d'Olivier d'Ormesson, il. p. 187.)
1 On a vu plus haut (p. 716, note) que Gassion devait d'abord commander un corp> d'année placé entre la Flandre el la Champagne et destiné ii proléger la frontière
vous a donné de si grandes preuves de l'estime qu'elle fait de vostre Juim644. personne.
.Mais d'autant que ce destachement pourroit estre sensible à Son Altesse royale, à cause du besoin qu'elle croit avoir de vous, vous aurez l'adresse de l'y disposer et de faciliter toutes choses, afin que cela se fasse bien à propos. Vous ne manquerez point de celles qui seront nécessaires pour le sujet que je vous escris, et M. le duc d'Anguien sera tousjours en estât de vous envoyer, en cas de besoin, un renfort considérable.
Si la bienséance souflroit qu'après vous avoir fait sçavoir la volonté de la Reyne je puisse vous mettre en avant ma considération , j'oserois me promettre de vostre amitié, que la prière que je vous fais de vous tenir prest, s'il est nécessaire, pour cette action, ne seroit pas inutile. Mais, ayant un plus fort motif de le faire, je me contenteray de vous asseurer que je feray valoir, comme j'ay accoustumé, vostre conduite el vos actions selon leur mérite, et que je ne perdray point d'occasion de \hii^ faire paroistre que personne au monde ne peut estre plus que moy, etc.