‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 266 sur 335 · DXL · texte numérisé non relu

DXL

Vfanuti de la IMilioili. Mazarine. n" 1 7 1 <j . lom. I. f" -ioH verso et P° -ioo recto

\ M. LE 1)1 C D'RNGfllEN.

I Paris. ] -xx juin i 6 'l 'i .

Monsieur, Poui vous dire mep sentimens sui l'action de nos armées el parti-

Bn répond I tarin V< teur de Bavière, et témoignent le désir de te

Il p si <l kvatu et Servin nirttrn m mlatiop iiïiil r'aapjiafsadeur qu'il ni »iii i important ■ I rr* ;i IJiKttaj

Jum ifi'ii culièrement de la vostre, je me contenteray de vous représenter lestât des choses autant que j'en ay connoissance : M. d'Ëlbœuf a depesché M. de Qnincé à M. le duc d'Orléans pour luy donner avis que les troupes de Beck ou du duc Charles estoient passées près de Guyse ' et marchoient pour le secours de Gravelines2. Si cet avis est vray ou faux, je ne puis pas bien en juger; mais pourtant il est vray que la première et la plus importante fin de toutes les armes du Roy qui sont de deçà doit estre la prise de Gravelines et la seureté de nos frontières; que. ces deux points bien establis, on peut passer à d'autres choses, et non plus tost; que la jonction de M. de Marsin est bien une chose considérable; mais, quand elle ne se fairoit que dans quinze jours ou davantage, elle ne laissera point de se faire à temps pour la fin que vous avez d'entreprendre quelque chose; qu'il importe, pour cela mesme,que le siège de Gravelines soit achevé ou fort avancé, d'autant qu'on pourra destacher des troupes de l'armée qui est là devant, pour en fortifier la vostre, laquelle, avec ce renfort et la jonction de Marsin, sera capable de ne rien trouver qui luy dispute la campagne; que, par conséquent, vous devez, avant toute autre chose, avoir cela devant les yeux et observer pour ce sujet la contenance et les mouvemens des ennemis, et nous mettre l'esprit en repos de ce costé-là, et particulièrement celuy de la Reyne, puisque cela despend de vous.

Que de hasarder un combat gênerai en la conjoncture présente, sans quelque nécessité qui vous y force, de quoy (c'est-à-dire ce que) vous sçaurez bien empescher, sans avoir certitude de la victoire (ce qui est bien difficile), traisneroit après soy de très-grands et fascheux inconveniens, si vous la perdiez, ce qui ne seroit pas impossible, outre que

1 Voyez plus haut, p. 719, où le nom cem Anguianum cum novem millibus mili-

de la ville mentionnée paraît cire Givet. tum, quœ babebat, et novis delectibus a

' On lit également dans Grotius, lettre Leodico (du pays de Liège) qui accessere.

du i5/a5juin 16&& : frHoslilisequitatus ad ire propius ad ducem Aurelianensem , ut

Borborgum (Bourbourg) adparuit. » (Epist. buic. si opus est, adsit, atque intérim sui

inedilœ, p. i54.) Il dit plus loin (p. 1 67) : metu copias Beckii delineat ne Meloni ( Fran-

irQuar; in hac urbe dicuntur hœc sunt : du- cisco de Melos) se socient.»

vous vous osteriez le moyen d'agir, cette campagne, en d'autres choses Juin itiVi. fort importantes où apparemment vous réussiriez.

Que, selon toutes les lois de la guerre et les sentimens des chefs qui servent devant Gravelines, cette place doit estre prise dans le moi^ prochain. M. de Rantzau me l'a particulièrement escrit, et, à la vérité, s'ils ne se deffendent pas mieux qu'ils ont fait jusques icy, et s'ils nous font de semblables libéralités qu'ils ont fait pour le fort Philippe, qu'ils nous ont laissé avec du canon, le pouvant encore deiïendre un mois, le ternie du reste ne sera pas long. Il y a, à la vérité, deux fossés. longs, deçà la contrescarpe, de soixante et dix pieds, que Courteils m'a mandé qui se pourroient assez aysement passer. La tranchée est ouverte depuis lundy, et vous pouvez croire qu'on haste comme il faut la besogne.

Qu'enfin vous, qui estes sur les lieux et dans les occasions, pouvez juger mieux que moy ce que vous avez à faire pour le service du Rov et pour le bien de ses affaires, et. si vous prenez quelque sentiment contraire, je vous déclare, comme j'ay fait cy-devant, que j'abandonne le mien et que je suis du vostre, quelque succès qu'il puisse avoir.

Le fonds pour les officiers généraux de vostre armée a esté ordonné. Je suis ravy que tous les corps en soient beaux, et surtout que vous soyez satisfait de mon régiment de cavalerie.

.l'a y parlé à la Reyne comme je devois de l'affaire de Saint-Etienne '. M. vostre père estoit présent, et je vous puis dire avec vérité que je l'a) sans comparaison appuyée plus fortement et plus efficacement que ln\ Puisque la fille est dans une religion2, on mesnageni le tout de telle aorte que vous n'en aurez point de mescontentement.

Voua u .nue/ pas besoin que je donne des asseurances à Sa Majesté, bien que je ne hisse, pas de le faire, que vous estes entièrement à elle. Bile en est toute persuadée, comme vous ne devez jamais douter que jf le' soûl tousjours, etc.

/ dam lo Journal d'Qlu irr d'Qr duc d'Enghien, •■( poursuivi pour un rapl " t. I. p. >.'>."> i rc qui concerne Saint commis à Reims,

était un gr-nlilliommc attaché "i ' C'est .1 dire t'eei retirai dont un coupent.

jnm il .1 ajotisi» i a\ encore ce mol pour voua dire que I avis de M. <l Elbosul

m esl d'autant plus suspect . qu'un autre que je vous ay ey-devanl eseril ne s'est point trouvé véritable. Je n'av pas neantmoins laissé de faire valoir comme je devois auprès de La Reyne la promptitude aVec laquelle vous avez marché vers nos frontières pour satisfaire à ses désirs. .I<' me promets que vous, qui estes sur les lieux, \ous pourrez bien [vous] esclaircir de la nature dudit avis, et là-dessus prendre vos mesures el les resolutions les plus convenables que vous jugerez pour le lei du Roy.

Je vous redis aussy que la jonction de Marsin esl nécessaire, et qu il faut absolument entreprendre de la faire réussir, et pour ne perdre pas ce que nous couste la levée de ces troupes et pour en fortifier vostre armée. Mais, pour cela, quinze jours plus tost ou plus tard n'est pas une chose qui importe beaucoup.

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