DXLI
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719. tom. 1. f* 2q3 verso.
A M. LE MARESCHAL DE GUCHE
[Paris.] j-j juin 1 fiii.
Monsieur,
J escris si au long mes sentimens à M. le duc d Anguien sur ce qui regarde l'action de son armée, que je prendrois une peine bien inutile si je vous escrivois la mesme chose, puisqu'il vous communiquera ma lettre. Je repeteray seulement qu'il me semble que, présentement, vous ne devez viser qu'à deux choses, d'asseurer, en ce qui despendra de vous, la prise de Gravelines et nos frontières; que la jonction «Iftroupes de Marsin est bien considérable, mais qu'il n'y aura rien de perdu ni de hasardé, encore qu'elle ne se fasse que dans quelque temps et dans le i5du mois prochain, où nous aurons l'infaillibilité du succès du siège, qui, selon toutes les lois de la guerre et les sentimens dei
chets qui \ servent, doit estre heureux. Nous travaillerons encore à Juin 1 64/ lortillier de nouvelles troupes vostre armée, alïin que vous soyez en estai d'entreprendre, le reste de la campagne, quelque chose de considérable: que, cependant, vous n'aurez pas esté inutiles, avant servy à asseurer les deux points dont je viens de parler, qui sont les plus importans que nous ayons.
Pour ce qui est de hasarder un combat gênerai, vous jugerez si la conjoncture présente le souffre, et quelles en seroient les conséquences si vous le perdiez, ce qui ne seroit pas impossible.
le suis ravy que la convalescence de M. vostre père m'ayt osté le moyen de vous tesmoigner l'affection avec laquelle j'eusse appuyé \os interests, en cas que Dieu en eust disposé. Je me souhaite des occasions moins fascheusea pour \<m- rendre des preuves de la passion avec laquelle, etc.
DXLtt.
Maotisc. de la Biblioth. Mazarine, q" i y i ij . loin. II. P 3i recto.
V M. LE DUC D'ENGHIKY
f Paris, | 39 juin i <i'i6.
Monsieur.
Je vous eserie ce mut pour vous «lire que M. de Tourville esl arrivé ••t que je \,,iiv eeerira) amplement à son retour. Le gentilhomme qui vous rendra la présente \ous informera particulièrement de lestai du ■ de Gravelines, puisqu'il en vient, el vous confirmera ce qu'on nous mande de delà , que, dans la fin de ce mois, cette place ne scia pas loin <!«• change] de maistre. Vous pouvez, ce pendant, entreprends que vous jugerai le pins ;• propos, vous declaranl dès | présent que tout ce que \(liis entreprendre! Bera approuvé icy. 'm envoyé trente
nulle livrei que | a\ pour les Ii,i\,mv: trois cens chevaux sont en chemin
pom s\ rendre M. de Tourville sollicitera toutes les autres choses et
imn ifi'i'i. vous en rendra un compte exact. Je n'ay rien à ajoustor à présent à ce que vous porte M. le chevalier Chabot, sinon mon accoustumée et véritable protestation que personne ne sera jamais plus que moy, etc.
DXLIIL
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I . f° 197 verso.
A M. LE DUC D'ENGHIEN
[Ruel1,] 26 juin i644.
Monsieur,
Je respondray par celle-cy à vos deux dernières du 1 8 et du 2 1 de ce mois. Quant à la première, vous devez croire qu'il n'y a personne qui puisse souhaiter plus d'avantages à mon régiment ni prendre plus de soin de luy en procurer que moy; mais, puisque le règlement est desjà fait et qu'il se pratique mesme, comme vous sçavez, pour la suppression des enseignes, je vous laisse à juger si je puis avec bienséance le faire violer en considération d'un corps qui m'appartient, et quelle seroit la conséquence de cet exemple.
Je croy que* vous n'estes point fasché que les avis qu'on vous avoit donnés des forces des ennemis se soient trouvés faux, et ceux que je vous ay mandés, véritables, et que leur foiblesse vous donne moyen de faire avec plus de seureté la jonction de Marsin. L'ordre que vous \ gardez est si bien entendu, que, apparemment, le succès en doit estre infaillible.
Estant si fort supérieur, comme vous serez, en forces aux ennemis, je ne doute point que vous ne sçachiez bien user de vostre avantage et prendre si bien vos mesures, que, sans mettre en hasard nos affaires,
' A celte époque, la Reine se rendit pour note.) Mazarin l'y accompagna, comme on la seconde fois à Ruel, chez la duchesse le voit par les détails que donne le Jourd'Aiguillon. (Voyez plus haut. p. 7 Ai, nal d'Olivier d'Ormesson , t. I. p. 191.
dont je \ous ay escrit par ma précédente, vous les rendrez meilleures Juim6â par \ostre conduite.
Pour ce qui est du duc Charles, vous en devez sçavoir les premières nouvelles: mais, quelque resolution qu'il prenne, il est certain qu'il n'a tout au plus que environ (rois mille hommes, qui dépérissent tous les jours.
On renouvelle les ordres à M. le mareschal de Turenne d'entretenir exacte correspondance avec vous, affin que vous puissiez agir de coneerl et vous donner les mains dans le projet dont vous conviendrez, mais qui a besoin, pour estre heureusement exécuté, que le siège de Gravelines soit achevé ou soit avancé; après quoy, nous aurons moyen de vous renforcer et de vous fournir toutes les choses nécessaires pour faii e réussir vos desseins.
DXLIV.
M.imisc. de la Bibliolli. Mazarine, n° 1719. loin. I, f° 198 recto.
A M. LE DUC D'ELBOEl F '.
[Kuel,] a'i juin ifi'i'i.
Je n'envoyera] personne pour l'accommodement dont je vous av parié, que je oe sçacbe, au préalable, vostre volonté là-dessus.
le voua conjure d'avoir soin que la cavalerie qui est auprès de vous
soit bien complète el en I stat; ce qui lu\ sera fôrl aysé, a cause
des avantages qu elle tire des courses qu'elle fail au pays ennemy.
M. de Maugiron a ordre de vous aller joindre avec la ravaleur qu'il
Leduc dTElbceuf étail chargé di tient trou documenta reUtifi à la mission
>ru .m nord le siège de Gravelines. donnée è Maugiron :
Le 111.n111-.il il delà Bibliothèqae impé Le premier est une lettre «lu Roi bu duc
ride il'i. '1170 fui. iee 1 -i48 1 oon d'Orléans, en date du 96 juin 160a, pour
imniii'i'i. commande, qui no faira pas moins de douze cens chevaux et qui, estant composée de gendarmes du Roy, de la Reyne et des miens, vous ne doutez point que ce ne soit la meilleure du Royaume. Vous recevrez aussy le régiment d'infanterie de Harcourt, qui est fort et bon.
On a donné avis de tout cecy à Son Altesse royale, de qui vow devez recevoir les ordres de ce que vous aurez à faire, soit qu'il trouve bon que vous entriez dans le pays des ennemis pour les obliger dafloiblir l'année avec laquelle ils prétendent secourir Gravelines et en destacher quelque partie pour aller empescher le progrès que vous \ fairiez, ou en quelque autre manière que ce soit.