DXLVI
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719. loin. I. ['" 198 verso el 1° igg reclo.
A MM. LES PLENIPOTENTIAIRES1.
[ Kuel,] :»..") juin 1 64 l.
essieu rs.
Bien que je sçache qu'il ne se peut rien ajouster au soin que vous prenez de tout ce qui regarde le service du Roy, je ne laisseray pas <l< vous exhorter de faire de puissans et continuels oflices auprès des Suédois pour les obliger à songer plus qu'il ne font aux affaires d'Allemagne. L'exemple de la France les y doit convier, laquelle, encore ■ pi «'lie ayt tant d'autres guerres sur les bras, qui sont comme autanl de diversions pour le bon party de ce pays-là. et que mesme elle \ ;i\l souffert quelque perte l'année passée, elle n'a pas laissé de redoubler ses efforts et d'augmenter sa despense pour y remettre les choses en vigueur ei en réputation; mais qu'il n'est pas juste que, le fruit lu\ devant estrecommun aveceux, ou, pour mieux dire, devanl estre tout poui eux, elle seule en soutienne tout le faix et en ayt toutes les changes.
Outre cela, vous leur sçaurez bien faire sentir l'interest particuliei qii ils uni à la conservation de ce qu'ils tiennent en Allemagne, et qu'il leur sera impossible de garder, si M. Torstenson n'\ retourne ou qu'il 11 \ envoyé de bonnes forces pour s'opposer aux progrès que, s;ms cela, Gallas \ fa ira infailliblement, el à quoy il se prépare; qu'il ne sera |»ln> temps de penser de rentrer dans un lieu quand on aura fermé les portes «■! (pion se sera sais} de toutes les avenues. Vous appuyerez
point comme \<>ns le jugerez à propos.
té imprimée, tous la date Cardinal, en date du 18 juin i644. Cetti
•lu 1 jiiillci 1 6&A . dan le recueil dei \rffo- dépêche n'a paa été imprimée dans Im V<
riamni tecrète» touchant b jmm dn Wesi- dation» $eerket, el j»' ne l'ai pat trouvé
jilnilir , 1. |[. |>. S5-86. Le même recueil dane lee inamucriti.
mrnlio?ino (I. II. p, yfl 1 une dépêché du
Juin 1 6/| '1.
Juin 1 6â 'i.
Cependant, aflin de leur ostci le grand obstacle qui les tient hors •le l'Allemagne, vous continuerez tousjours ;i agir et faire office, de vostre costé, pour faciliter raccommodement des deux Couronnes qui
sont en guerre, comme nous n'oublierons rien du nostre, et je ne doute point que M. de La Thuillerie ne s'acquitte fort bien de ce qu il a ;i faire pour ce sujet.
La Revne doit faire recberche. pour en faire exemple, de l'auteui | de la critique] de vostre circulaire, et elle ne veut pas que les termes injurieux qu'on y a supposés contre la personne de l'Empereur demeurent sans chastiement. Cependant vous ne devez pas cesser de désirer de donner tousjours cœur aux Princes et Villes de l'Empire de songer à leur liberté1, et de favoriser les desseins2 du party qui travaille à enipescher qu'on n'achève à la leur oster, à quoy on va hautement, comme ils peuvent voir, s'ils ne sont aveuglés; que pour cela ils ne se doivent point effrayer des bruits, pleins de vent et peu véritables, que les ennemis sèment pour faire paroistre la face de leurs espérances meilleure qu'elle n'est. C'est de quoy vous les devez destromper tousjours. en lei informant du véritable estât des choses, dont je sçay que vous estes soigneux d'estre bien avertis et dont je crois que M. de B rien ne ne manque pas de vous donner part.
Surtout vous devez faire paroistre une conduite d autant plus courageuse, qu'il sembleroit que le contraire fust un argument de crainte et de foiblesse de nostre costé, maintenant que les Impériaux semblent vouloir estonner le monde à cause de la guerre de Suède3, qu'ils tirent à leur avantage, et de quelques succès qu'ils ont obtenus contre
1 Les Impériaux s'opposaient de toutes leurs forces à ce que les villes libres d'Allemagne, répondant à l'appel de la France (voyez plus haut, p. 708), envoyassent des députés à Munster et Osnabrùck. Grotius l'atteste : «Laborant omni modo Caesariani ne, exemplo Lubecensium et Hamburgensium, civilates Norimberga, Argentoralum , Ulma et ipsum Francofurlum , aut mittant ad
conventum qui est Monasterii et Osnaburgœ. aut seorsim Gallis, quod est ex usu, respondeant. » (Epistolœ inedilœ, p. 161.)
2 On a imprimé, dans les Négociations secrètes, irvous opposer aux desseins. » ce qui est en opposition avec la pensée dr Mazarin. J'ai suivi la leçon du manuscrit.
Il s'agissait de la guerre de la Suède contre le Danemark.
DU CARDIiNAL MAZARIN. 767
Ragoscky1. Vous sçavez Testât de nos affaires partout et la posture où Juin 16M. sont les armes du Roy, mesme en Catalogne, où, quand le renfort que M. de Villeroy y mène sera joint, qui sera dans peu de jours, nostre armée sera beaucoup plus forte que celle des Espagnols.
Madame la landgrave de Hesse nous fait icy faire instance affin que le Roy escrive aux Princes et Estats du cercle Westphalique de ne s'embarquer point dans la ligue qu'on propose et qu'on presse il y a longtemps. J'ay estime'' qu'il n'estoit point à propos de mettre de ce coslé-là en compromis l'autorité du Roy; mais qu'il valoit mieux que ce fust vous autres qui leur escrivissiez comme de vous-mesmes, mais fortement, pour les divertir de ce dessein, duquel vous leur donnerez à entendre qu'il ne se peut que Sa Majesté ne soit offensée . puisqu'il tend à la ruine d'un prince allié de cette Couronne, qui est M. le landgrave de Hesse, et que, quand l'armée qu'on doit lever sera sur pied. ce ne sera plus l'armée de la ligue Westphalique, mais l'armée de l'Empereur et du roy d'Espagne qui servira mesme, avec le temps, non p;is à deffendre la liberté de ce cercle, mais à le mettre en sujétion et «'il la despendance de l'Empereur el de ccu\ de son party*.
Ou au reste3, si cela passe outre, Sa Majesté aura sujet de s'en ressentir el aura de quoy leur tesmoigner son ressentiment; que MM. les estats généraux des Provinces-Uni'"- des Pays-Bas entreront dans les sentimena t\r Sadite Majesté, estant encore bien plus qu'elle intéressée que cet armement ne se lasse point, el qu'ils pourroient avec le temps attirer chez <mi\ une telle tempeste, qu'ils ne l'en chasseront pas peniestre quand ils voudront, el (pie tout résolument le Roy employers tonte- ses forces plustosl que de souffrir (|u'on opprime M. le landgrave de He
Grottiu parie égaleoieal dea bram ii Hungariai vessie. » i Epùtolœinedita,p
rorablee aai Impériaux, répandue dane la lettre da i S/a 5 juin i644. diète da Francfort: trFraoeofartiebuccùiaa Ifaxarm ;< déjà développé ces couaidé-
lur rictorUe Daai, Rakoesù | Ragotxkj i \>nc- râlions dans une loifro au <lur de Neoboura iim. mutât* eoaaiUa aalai Tarde», ad qaam Voyea ci dessus, |>. 3a 8-3 3 1 . i ii cornée Serinai (le comte Zrini) magois ■ Le texte imprimé dane les Vêgociaùom
'iim fl'.nis quatia pImih data siini viejnia rm porte avant ea >■
Jmni»i'i'i. Nous tairons faire des offices auprès de MM. les Estais et de M. le prince d'Orange, affin qu'ils agissent de leur costé pour divertir ce coup. C'est ce que j'avois à vous escrire, me remettant du reste que vous avez à sçavoir de nos affaires aux depesches de M. de Brienne.