‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 279 sur 335 · DLVII · texte numérisé non relu

DLVII

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. torn. II, f° io3 verso.

A M. DE GASSION

[Paris ou Rucl,] juin 16'ii.

Monsieur,

Je m'estois bien attendu de vostre amitié que vous considéreriez les prières que je vous ay faites, veu principalement qu'elles n'ont pour lin que le service du Roy, dont je ne doute que vous ne fassiez tousjours la règle de vostre conduite1.

soit capable, et que vous fassiez prendre ladite somme sur les fonds qui sont par ilelà destines pour les despenses de mon armée d'Allemagne, vous asseurant que je les fera y incontinent remplacer; et sur cela je mande au sieur de Tracy d'exécuter ponctuellement les ordres que je luy donneray pour tout ce qui concerne mon service en cette occasion, ayant sceu que, par la créance particulière que ledit gouverneur a en luy, son entremise y pourra estre bien utile; et me remettant entièrement à vostre prudence de mesnager cette affaire selon l'importance d'icelle, qui vous est assez

cogneue, je ne vous feray la présente plus longue que pour prier Dieu qu'il vous a\ 1 . mon cousin, en sa sainte garde.

rrEscrità Paris, lexmjuin 16/1A.

Signé rr LOUIS. - Et plus bas,

(tLe Telliek. -

Suit une lettre sur le même sujet au Bteui de Tracy ( ms. B. I. fr. h 1 70 , fol. 1/11) pour assurer l'exécution des mesures prescrites.

1 On a vu plus haut (p. 728, tex f • note 2) qu'il s'agissait d'obtenir que Gaaaion et La Meilleraye vécussent en bon accord.

Tant que les ennemis ne quitteront pas le poste où ils sont, et (pi ils Juin i6i>k. donneront de la jalousie au siège, il importe que vous y demeuriez. n\ ayant rien à craindre d'ailleurs; mais, dès qu'ils se remueront et qu'ils pourront entreprendre sur nos frontières, [vous] vous concerterez avec Son Altesse royale des moyens et des forces avec lesquels vous devez aller [vous] opposer à eux. Ce qu'arrivant, vous ne laisserez pas d'avoir vostre part à la gloire de [la prise de] Gravelines, si elle se fait, ayant tant contribué pour l'asseurer. Vous en aurez encore à celle de la frontière, en l'allant defïcndre, si on l'attaque.

pendant ce sera à Son Altesse royale à voir si, après ([lie la cireonvallation sera entièrement achevée et en sa perfection, il ne seroit pas à propos qu'une partie de la cavalerie, qui ne peut sans doute que pastir et estre incommodée au dedans, en sortist et s'allast loger en quelque quartier proche où elle seroit plus commodément. Vous pouvez, estant sur les lieux, mieux juger de cela (pie nous, qui en sommes estoignés.

Pour ce qui est des travaux et des autres choses nécessaires pour l'acheminement du siège, asseurez-vous «pie vous ne manquerez de quo> (pie ce soit, et le sieur de Rouannes ' part tout maintenant avec cinq mille pistolles que j'avance du mien, outre les cent [mille] qui ont esté envoyées il y a quelques jours pour les travaux, et vingt-cinq mille pour les Hollandois.

Je remets au sieur de Hr.ugy, que j'a\ entretenu fort au long de ce qui nous louche, à \ons dire plusieurs autres choses, entre autres la satisfaction qu'a eue la Revue d'apprendre, par le rapport «pie je luy a\ fait de la lettre que vous m'aviez escrite, la parfaite despendance que voulez avoir de ses volontés el la facilité que vous apportez, toute autre considération mise à part, à faire réussir la fin pour laquelle voue ■ stes lé el à laquelle tout le reste doit se rapporter, qui est la conqueste de Gravelines. Je ne vous sçaurois exprimer la jonc que j'aj en mon particulier de vous \oir en cette disposition, puisqu'elle me

Pin li'iui p, 771. texte el note Ravi oete. Lr nom |>.-ir.iîi ici se rapprocher benticotip plus i\r, relui de Roannei ou Roannai».

Juin îfiVi. donne plus de moyen de vous servir auprès de Sa Majesté et d'y avancer vos interests, qui est une des plus fortes passions que j'aye, estant trèsv entablement, etc.

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