DUC ET PAIR DE FRANCE
Monsieur,
Ce que j'ay contribué au service dont vous m'escrivez est si peu de chose, qu'il ne meritoit point le remerciement que vous m'en faites. Le Roy s'est porté avec tant de franchise à vous accorder ce que vous desirez, que ceux qui ont eu dessein de vous servir en cette rencontre n'ont eu besoin que de seconder les bonnes intentions de Sa Majesté, et d'employer des paroles que pour louer la bonté de son naturel. C'est donc pour elle que vous devez reserver vos ressentimens, et ne considérer en moy que la passion avec laquelle j'ay souhaité que vous fussiez satisfait. Vous en recevrez des preuves en toutes les autres occasions qui se présenteront, et je n'en rencontreray jamais de plus agréables que celles où je pourray faire voir par effet que je suis véritablement, etc.
1 César, duc de Vendôme, fils naturel en France, au mois d'avril 1 663. L'exil ne
de Henri IV, avait été proscrit pendant le l'avait pas corrigé. Il prit part , avec son fils .
ministère de Richelieu, et s'était retiré en le duc de Beaufort, aux intrigues de la ca-
Angleterre. 11 obtint la permission de revenir baie des Importants.
DU CARDINAL MAZAR1N. 151
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tora. I, f* 33 verso.
f Saint-Germain-en-Laye , ] 1 i avril i6'43.
Monsieur,
Gelle-cy est seulement pour vous donner avis que le Ro^ avant accordé à M. de Noyers la permission de se retirer qu'il luy avoit instamment demandée1, il a fait choix de la personne de M. Le Tellier pour exercer par commission sa charge de secrétaire d'Estat. Sa Majesté a aussy nommé en la place de celuy-cy M. de Gremonville-, de la capacité duquel et de son zèle pour le service elle a desjà fait expérience. Mais comme il n'a point encore agi en Italie, et qu'il ne peut pas avoir d'abord toutes les lumières que le temps fournit, je ne doute point que vous ne luy fassiez part de celles que vous aurez, et que vous n'entreteniez avez luy une aussy bonne correspondance que celle que vous aviez avec M. Le Tellier. C'est à quoy je vous exhorte, et vous conjure de croire que personne ne sera jamais plus que moy, etc.
Original signé. — Archives générales du royaume d'Italie. — Envoi de M. Canestrini.