A M. LE COMTE DE QUWCÉ
[Paris,] 16 may i 643.
J'ay receu vos deux lettres du 1 1 et du i3 du présent, pour response auxquelles, aprez vous avoir remercié de vos nouvelles, je vous diray que les belles forces que le Roy a sur cette frontière et les bons hommes qui sont aux places que [les ennemis] peuvent faire estât d'attaquer nous font présumer qu'ils ne veulent que nous donner de la jalousie et faire monstre de leur puissance, ou que nous ne devons point appréhender le succez de leurs entreprises. Pour vous, je suis certain que, quoy qu'il arrive, vous fairez tousjours le devoir d'un homme de bien, et que vous nous confirmerez dans l'opinion que nous avons de vostre courage et de vostre conduite. Je parlcray à M. Le Teiïier de ce qui regarde la subsistance de vostre compagnie de chevauxlégers, et il ne se présentera point d'occasion où je ne vous tesmoigne que je suis plus que personne du monde, etc.
1 lie comte de Quincé ou Quincey, ma- compagne le duc de Guise à Naples; en
réchal de camp, a ligure" avec honneur dans l64o, il commande un corps d'armée sous
toutes les campagnes de cette époque. Nous les ordres du comte d'Harcourl; enfin, pen-
le trouvons, en 1&I1U, au siège de Grave- dant la Fronde, il reste fidèle à la cause
fines; en 16A6, il sert en Espagne sous les royale et la soulient avec un dévouement
ordres du duc d'Enghien; en i648, il ac- qui ne B'esl jamais démenti.
Mai i6/i3.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719. tom. I, f'° A3 verso.