CXXXI
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. f° 62 verso.
À M. LE MARQUIS DE GESVRES
[Paris,] 28 juin i663.
Monsieur,
Je vous suis bien fort obligé du compte que vous avez pris la peine de me rendre de ce qui s'est passé devant Thionville. Vous ne pouviez certes agir avec plus de soin et de prudence et de bonne fortune que vous avez fait en investissant cette place. Vous aurez tort si vous avez la moindre pensée que je ne vous serve de toute l'estendue du pouvoir que je pourray avoir auprès de la Reyne, dans les prétentions que vous aurez. Si j'en usois autrement, j'agirois contre mon inclination, que j'ay tousjours eue pour vous fort ardente, et contre la profession que j'ay tousjours faite d'estre particulièrement vostre serviteur. Soyez donc en repos de ce costé-là, et asseurez-vous que j'abandonneray mes
interests quand j'oublieray les vostres. Je suis ravy que mon régiment loin 1 663. serve sous vous et qu'il soit tel en effet que vous me le représentez. H ne sçauroit estre sous un commandement plus favorable, et je ne doute point que vous n'en fassiez une particulière considération pour l'amour de moy, puisque je suis plus que personne du monde, etc.