INTENDANT DE LA JUSTICE, POLICE ET FINANCES EN L'ARMÉE D'ITALIE
I Paris,] 3o juin i ù'i'.'
Monsieur,
Les offres que vous me faites de vostre affection ne me peuvent estre que fort chères. H y a longtemps que je sçay combien utilement vous servez le Roy, et combien dignement vous vous estes tousjours acquitté des employs que vous avez eus. J'espère que vous nous donnerez encore une plus grande matière de satisfaction en celuy que vous exercez maintenant, et qui avoit besoin de beaucoup d'intelligence et d'adresse pour y bien réussir. Vous aurez veu, par le renfort que mène M. de Turenne, et par l'argent qu'on a envoyé pour l'armée, le soin qu'on a icy de la faire subsister et de luy donner moyen de s'appliquer à quelque entreprise d'importance. Pour l'union que vous m'escrivez qu'il sera nécessaire d'entretenir entre M. de Turenne el M. Du Plessis- Prasiin, je croy que l'un et l'autre est trop jaloux du service du Roy pour se brouiller à son préjudice, et que M. Du Plessis est trop raisonnable pour ne considérer pas que l'employ de Ai. de Turenne ne doit durer que cette campagne, et qu'il luy est bien plus avantageux d'avoir un compagnon au lieu d'un supérieur, comme cust eslé un
1 L'original sùftié est conservé dans 1rs archives de la famille d'Esneval, au château d* PaviHy (Seine-Inférieure
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iuim643. îiiareschal de France, si on l'eust envoyé en Italie. Je vous conjure neantmoins d'apporter tous vos soins, afin qu'il ne se glisse pas parm\ ces deux chefs de la mauvaise intelligence, et de croire que personne n'est plus que moy, etc.
Manusc. de la Bibliolh. Mazarixie, n° 1719, lom. IV, f° 181 recto.