PREFACE. XV
En 1777, le régiment du chevalier de Boufflers tenait garnison en Bretagne. C'est à ce moment que le brillant chevalier, étant venu à Paris, rencontra la comtesse de Sabran, probablement chez la maréchale de Luxembourg. La comtesse avait de la grâce, de l'esprit et du savoir. La vie mondaine ne l'avait pas empêchée d'étendre les connaissances qu'elle avait reçues dans sa jeunesse. Elle aimait les arts, qu'elle cultivait avec goût, et l'abbé Delille lui donna des leçons de littérature et de latin. La fameuse traduction des Géorgîques de l'abbé inspira à quelques femmes le désir d'apprendre le latin; il est certain qu'elles n'en écrivirent pas plus mal le français.
Le chevalier de Boufflers goûta très vite l'aimable élève de Delille ; il se fit, lui aussi, son professeur. Elle lui soumeLtait tout ce qu'elle produisait, et ses appréciations n'étaient pas uniquement des éloges. On est un peu surpris de voir cette correspondance amoureuse traversée par des conseils fort judicieux sur la manière de traduire tel ou tel vers d'Ovide ou de Sénèque.
La première lettre du recueil n'est qu'un simple