‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 10 sur 123 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

de la Bastille. Et quand il voit passer sous ses yeux les prisonniers libérés... il pleure.

Ne nous attendrissons pas à l'excès sur ces larmes, car il convient de remarquer qu'elles coulent dans un pays où le sensible Rousseau les a mises à la mode. Elles ruissellent avec facilité sur les joues des « hommes sensibles ». Elles sont une des premières manifestations du romantisme. Mais chez Rigby gardons-nous aussi de les plaisanter à l'excès, car, tout en regrettant qu'il n'en ait pas réservé une petite part pour le sort de M. de Launey ou pour celui de M. de Flesselles, ii convient de reconnaître et d'admirer la bonté de cœur de celui qui les verse. Sa bonne foi ne peut être mise en suspicion. A l'égal de tous ceux qui sont autour de lui, il est persuadé, ne tenant pas compte des adoucissements apportés par Louis XVI au régime des prisonniers, que la Bastille est un antre épouvantable, perforé d'oubliettes et hérissé de chaussetrapes. El lorsqu'on l'abat... il respire.

Nous, nous respirons mieux à suivre Rigby, hors Paris, dans sa course à travers les campagnes de France. De nouveau, l'agriculteur et l'économiste font oublier le politique. De nouveau l'enthousiasme, l'admiration, sont exprimés à cbaque ligne de ses lettres. Là, il n'y a point d'ombre au tableau. Comme le dit judicieusement M. Babeau, ce sont les mérites de la France que continue de chanter Rigby.

De Dijon il écrit le 21 juillet : « Notre voyage de Paris à Lyon fut très agréable. Le temps a été favorable, les routes sont bonnes et aucun obstacle n'est

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