MA YEN CE
parlent d'eux avec mépris, en riant de leur situation désespérée. L'Assemblée nationale paraît résolue à organiser un système de lois qui enlèvera aux grands le pouvoir d'opprimer les petils. Elle a commencé par couper les ailes à la noblesse et au clergé. Tous les ordres religieux de moines et de frères sont supprimés, toutes les dîmes leur sont enlevées, et aucun prêtre ne peut avoir plus que sa subsistance. La noblesse n'a plus le droit exclusif de chasse, de pèche, etc. Tous les droits seigneuriaux ont disparu, et les paysans sont délivrés des lourdes charges que les seigneurs leur avaient imposées. Gomme leur travail, auquel ils s'étaient adonnés dans les conditions les plus décourageantes, va être maintenant récompensé !
Mayence est une belle et vieille cité, bien fortifiée et très peuplée. Un pont sur le Rhin, — qui est ici un superbe fleuve, — construit sur quarante-sept bateaux, mesure 637 pas, c'està-dire certainement plus d'un tiers de mille de largeur. La campagne est très fertile et de belles collines bornent l'horizon de tous côtés. Le quai le long du fleuve est couvert de monde et de nombreux bateaux passent, chargés de marchandises, bois, charbon, etc.
Quand nous nous approchâmes de la cathédrale et d'autres édifices publics, nous fûmes frappés de leur mauvais goût. Ils sont tous badigeonnés à l'ocre rouge et enlaidis par une profusion de mauvaises sculptures. Mais je dois fermer ma lettre.