‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 106 sur 123 · MAUVAIS ÉTAT DES ROUTES · texte numérisé non relu

MAUVAIS ÉTAT DES ROUTES

pas été en France, en Italie et en Suisse, et si nous nous étions fait une opinion du continent uniquement d'après le pays et les gens que nous voyons ici, nous serions revenus avec des impressions très défavorables.

Je crains que vous ne trouviez cette lettre la moins intéressante de toutes ; mais j'espère que vous en blâmerez le sujet et non pas moi.

Amers fort, hindi matin, 31 août 7759.

Nous avons été si retardés à travers l'Allemagne que nous n'avons pas encore atteint Amsterdam, bien que nous voyagions nuit et jour depuis quarante-huit heures. Ls contrée que nous venons de traverser offre si peu d'intérêt, les routes sont si mauvaises et la poste est si indignement adminis trée, que nous avons été traînés de relais en relais d'une façon qui aurait lassé la patience de Job lui-même. Dans toutes les villes où nous sommes passés, nous avons eu à souffrir de la malhonnêteté des maîtres de poste. Ils nous ont trompés sur le prix des chevaux, et nous ont induits en erreur quant aux dislances entre relais. Ils ne changent pas un louis sans nous faire éprouver une grosse perte ; les pos-

228 LETTRES DU DOCTEUK IUGUY

tillons ne démarrent pas avant d'être payés, et si vous n'avez que de grosses pièces qu'il faille changer en monnaie, ils ne vous rapportent pas votre compte.

Quand nous entrâmes en Hollande, nous nous flattions d'en avoir fini avec nos difficultés, et dans cet espoir combien nous nous sommes réjouis hier matin, vers sept heures, quand on nous dit que nous étions sur le territoire hollandais !

L'apparence de la campagne sur un certain trajet montra assurément plus de traces de travail que le pays où nous étions passés ces jours derniers ; car, depuis la frontière juqu'à Arnheim, nous voyageâmes dans une région fertile, où ne manquaient pas les bonnes habitations ; tandis que d'Arnheim jusqu'à Amersfort, soit une distance de vingt-sept milles, la route s'allonge interminablement au milieu de vastes friches, où l'on n'aperçoit pas une seule trace de cullure, pas une maison de paysan, pas un arbre pour reposer l'œil. Les routes sont si mauvaises, les conducteurs et les chevaux si paresseux, qu'il ne nous fallut pas moins de treize heures pour effectuer ce court voyage, bien que le maître de poste nous eût assuré que nous le ferions en six heures. Je

Page 1