‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 108 sur 123 · EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

EN HOLLANDE

signer une déclaration des droits. Comme chaque pays et chaque peuple que nous avons vus depuis que nous avons quitte la France perdent à être comparés avec ce pays plein de vie (1) ! La Hollande nous a beaucoup désappointés. Nous nous attendions à trouver une terre riche et bien cultivée, et un peuple actif, mais jusqu'ici nous n'avons guère vu que de vastes friches, et les gens paraissent tous stupides. Ils savent néanmoins tromper admirablement. Nous n'avons pas eu un repas régulier depuis vendredi, et pourtant ils ont essayé de nous voler dans chaque auberge où nous sommes descendus. Ceci sera ma dernière lettre, qui peut-être n'arrivera pas avant moi. J'espère vous revoir dimanche ou lundi ; mais comme jusqu'ici nous avons été beaucoup plus retardés que nous ne pensions, il ne faudra pas vous inquiéter si je n'arrive pas au jour dit. Nous serons probablement à Rotterdam mercredi (2 septembre). S'il se trouve un bateau en partance immédiate pour Yarmouth, il se peut que nous le prenions, à moins que ce ne soit le paquebot de Harwich.

(1) Este, dans son A Journey intheyear,1793, Voltaire, dans son Petit Voyage à Berlin, et bien d'autres voyageurs contemporains, sont du même avis que Rigby.

La lettre précédente fut la dernière adressée par le docteur Rigby à sa famille. Aussi j'y ajoute les passages qui terminent son journal. Ce dernier devint plus abondant après que le docteur Rigby eut cessé d'envoyer ses lettres. Les quatre compagnons de voyage ne débarquèrent pas en Angleterre avant le 9 septembre, ayant été retenus à Helvœtsluys par les vents contraires (1).

Amsterdam, 1er septembre 1789^ mardi matin. — Nous arrivâmes ici hier soir à six heures. En nous rendant à l'auberge, nous passâmes par le quartier des Juifs; quelques-uns suivirent la voiture et demandèrent à être payés pour nous avoir montré le chemin.

Le soir nous sortîmes pour faire une promenade. Quel spectacle mélancolique et monotone ! Que les canaux sentent mauvais ! L'air inflammable qui en sort pourrait remplir un ballon.

Nous nous levâmes à cinq heures et demie, ce matin, nous nous dirigeâmes vers le quai, et nous fîmes en bateau le tour du port (2) :

(1) Note de Lady Eastlake.

(2) Pour comparer les impressions de Rigby pendant toute la lin de son voyage à celles de ses contemporains, on peut consulter le Voyage en Hollande d'Anne Radcliffe, qui confirme ses mauvaises impressions, et tout le dernier chapitre de La France et les pays étrangers, volume déjà cité de M. A. Babeau.

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