‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 109 sur 123 · AMSTERDAM · texte numérisé non relu

AMSTERDAM

spectacle imposant, grand nombre de vaisseaux, commodément disposés. Nous allâmes à l'Hôtelde-Ville, vaste édiiice en pierre de taille, avec pilastres sans style. Beaucoup de salles remplies de vieilles peintures. De l'étage supérieur l'on jouit d'une belle vue sur la ville, le port, etc. La ville est grande, et étant bâtie sur le terrain arraché à la mer, elle a un aspect étrange. Nous allâmes à la Bourse ; elle n'est pas aussi pleine qu'à Londres, et les marchands n'ont pas l'air aussi distingués. Nous visitâmes aussi la maison de correction. Les prisonniers paraissaient travailler sérieusement à râper du bois. Un Anglais et un Américain étaient enfermés pour six mois pour s'être battus. Tous semblaient en bonne santé et assez propres. Le ivorkhoase est une grande construction récente qui abrite 800 pauvres. Dans les ateliers, des femmes triaient du chanvre, le cardaient, le filaient et en faisaient une toile grossière. De jeunes garçons faisaient l'exercice et exécutaient les mouvements le plus lentement possible. Nous allâmes enfin au jardin botanique.

Amsterdam, 2 septembre 1789, mercredi. — Nous nous levâmes à cinq heures, et nous ne pûmes que remarquer de nouveau combien la

ville est triste. Je me rendis à l'hôpital et demandai l'autorisation de le visiter, mais le portier me dit qu'il ne pouvait me l'accorder. Une heure plus tard je revins, sonnai d'un air d'autorité et entrai sans poser de questions ou sans être arrêté par qui que ce fût. Le bulletin de la semaine accusait 666 malades, — 95 admissions, 54 sorties et 10 décès. Je comptai 97 lits dans une salle qui avait 77 pas de long, environ 200 pieds. Tous les matins, à cinq heures, les malades qui le peuvent se lèvent et les salles sont lavées. Une femme en état de délire était enfermée dans une sorte d'armoire ouverte par le haut et ressemblant à une petite chaire. La plus grande propreté régnait partout. Nous dînâmes ce jour-là dans la superbe maison de M. Ilope (l), et nous vîmes son bureau. Il nous donna des billets pour assister à la représentation d'une pièce française : petite assistance et médiocres acteurs. Il nous accorda aussi l'autorisation de visiter sa maison de campagne et sa galerie de tableaux à Haarlem.

(1) Thomas Hope (1774-1835), riche amateur écossais qui parcourut le monde, s'établit pendant quelque temps en Hollande, puis se fixa à Londres, où il forma de riches galeries de peintures et de sculptures. Il a laissé des ouvrages estimes sur le costume et l'ameublement.

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