XX INTRODUCTION
l'étude de l'état agricole de la France à la veille de la Révolution.
Young et Rigby, nous l'avons dit, sont pour cotte époque les deux voyageurs les plus compétents que l'on puisse consulter sur ce sujet. Le premier est un témoin à charge. Le second est un témoin à décharge. L'un conclut au malheur du peuple et l'autre à son bonheur.
Il ne faut point s'en étonner, car c'est le propre des jugements humains de se contredire sans cosse, et l'ondoyante et subtile vérité historique serait trop facile ù. saisir s'il en était autrement. Aucun témoignage n'est complet, quelle que soit la véracité de son auteur. C'est du rapprochement des récits, c'est de leur juxtaposition que- peut naître une opinion impartial''.
Un des meilleurs esprits critiques du siècle dernier, Fustel de Coulanges, réc'amait à bon droit l'apportée tous les textes et non pas d'un seul texte, pour construire l'édifice de l'histoire. Il serait donc injuste d'écouler uniquement le témoignage d'Arthur Young et de ne pas prêter l'oreille aux paroles de ftigby, car, comme le dit judicieusement M. Babeau, « les témoins à décharge ne doivent pas être moins entendus que les autres. Ils doivent l'être surtout à une époque où l'accusation a des appuis officiels que n'a pas la défense ».
L'accusation se sert souvent de textes tendancieux ou d'ouvrages d'un caractère politique tels que Y Homme aux quarante écus de Voltaire, Y Ami des Hommes de îMirabeau, le Dictionnaire philosophique ou l'Encyclopédie, pour dépeindre l'état du