‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 15 sur 123 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

elle-même quelque chose de sa morosité. 11 faut reconnaître aussi qu'un rayon de soleil, qu'une heureuse nouvelle, qu'un bien-être ou qu'un malaise consécutifs à la chère bonne ou mauvaise d'une auberge, changent parfois le ton des impressions consignées au soir sur son carnet de route par un voyageur impressionnable.

Rigby assurément n'a point complètement échappé à ces écueils. C'est un caractère heureux qui fait rayonner autour de lui le prolongement de sa belle humeur. C'est un homme riche qui voyage avec tout le confortable, du temps. Et peutêtre faut-il se défier parfois d'observations quelque peu superficielles, comme celles d'Horace Walpolc, ■îui les faisait par un temps radieux et mollement étendu au fond d'une calèche, alors que la nature souriante l'impressionnait favorablement sur toutes choses. On reviendra sur ces hypothèse?, que l'on peut formuler d'ailleurs dans le sens inverse à l'égard de voyageurs inconfortables et chagrins, qui nous ont laissé'de la France d'autrefois une soric de gravure à la manière noire.

Ces réserves faites sur les récits de voyages en général, il est permis d'ajouter que celui de Rigby en particulier doit être classé parmi ceux qui s'approchent de la vérité, et que c'est lui peut-être qui nous donne l'idée la plus neltc de la vieille France agricole. Il est optimiste, je le veux bien, mais cet optimisme est le plus souvent en harmonie avec le spectacle agréable que lui présente notre pays. Aussitôt qu'il a franchi nos frontières, sa bienveillance habituelle pour tout ce qui l'entourait chez nous se tourne en fort méchante humeur. Il n'a pointd'éloges, comme on le verraplus tard, pour les pays voisins, et sa sévérité même prouve que ses

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