INTRODUCTION XXIII
appréciations si favorables à la Fiance no sont pas l'unique résultai d'un esprit heureux, puisqu'il écrit d'Allemagne à sa femme et à ses filles : « Je vous prouve maintenant que je suis capable de blâme comme de louanges ».
Reste à démontrer le bien fondé de ses louanges, et il convient pour cola d'envisager le sort des paysans de France en 1789, autant que nous le permet l'insuffisance des textes.
laine, en citant des faits, a conclu nettement pour le malheur du peuple ; mais il semble bien qu'il ait un peu hâtivement résolu le problème. Ce grand historien fut aussi un véritable artiste. Tout en conservant de la retenue dans la passion, il s'échauffait en écrivant et se laissait prendre lui-même à la magie de ses mots. Il a poussé le tableau au sombre, non seulement pour servir de bonne foi une thèse à laquelle il tenait d'autant plus qu'il avait eu plus de peine à. s'y rallier, mais encore parce qu'il cédait au désir inconscient de nous donner des images heurtées et violentes et des pages d'une tragique beauté.
Avant lui, nombreuses sont les sources dans lesquelles on peut puiser, si l'on veut démontrer que les paysans du xvue siècle sont toujours bien les « gueux » cités par Saint-Simon et les « animaux farouches mâles et femelles répandus par la campagne » dont nous parle La Bruyère. El je parle ici de sources de valeur, qui ne sauraient être assimilées aux ouvrages de polémique cités p'us haut.
Citons quelques-unes de ces sources :
En 1752, le journal de d'Argenson affirme que