‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 17 sur 123 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

les habitants de laTouraine sont si affaiblis par la misère qu'on n^, peut les employer à aucun travail.

Les Ephémérides du citoyen de Théron de Montaugé contiennent ces lignes écrites en 1766 : «Que l'on parcoure l'Anjou, le Maine, la Bretagne, le Poitou, le Limousin, la Marche, le Berry, le Nivernais, le Bourbonnais, l'Auvergne, on verra qu'il y a la moitié de ces provinces qui foi ment des plaines immenses et qui, toutes, cependant pourraient être cultivées ».

De 1767 à 1771, la correspondance de M. de Montyon nous dit qu'une misère noire désolait l'Intendance d'Auvergne (1). En 1789, les procèsverbaux des cahiers généraux prouvent que dans certaines provinces la misère était extrême.

Et si, sans parler encore de Young, on consulte l'Anglais Wraxal qui visite la France en 1771, on apprend « qu'il y a quelque chose de pauvre et de malpropre dans le peuple du Cotentin, que !a main de l'oppression se fait voir dans ses habits, dans ses chaumières et dans son extérieur..., que sur les bords de la Loire, la pauvreté et la misère extrême des paysans au milieu d'un paradis délicieux, produisant en abondance tous les agréments do la vie, imprime un mélange de pitié, d'admiration et d'indignation ».

« Mais, ajoute M. Brunelière dans un article sur le Paysan sous l'ancien régime (2), veut-on prouver maintenant le conlrairo ? démontrer que le peuple était heureux ? Ne croy z pas qu'il y ait le moindre embarras. »

(1) Cf. Monlyon, intendant de province, par L. Guimbaud. Revue des Deux-Mondes. 15 juin 1909.

(2) Revue des Deux Mondes, 1 ' avril 1883.

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