XXVI INTRODUCTION
contentement est répandu dans tout le royaume. » Désire-t-on consulter les écrivains modernes ? Dans les travaux de M. de Ribbe sur les classes agricoles, dans le Village sous l'ancien régime de M. Babeau, dans la Lorraine et le Barrois du cardinal Mathieu, dans le Recueil des documents inédits concernant la Picardie de M. de Beauvillé, dans la Vie agricole sous l'ancien régime en Picardie et en Artois par le baron de Calonne, dans le Bulletin mensuel du curé d'Aigny..., je cite au hasard..., on peut trouver de nombreux textes en faveur de l'état prospère de nos populations campagnardes avant 1789. Mais je veux m'arrêler ici sur un dernier témoignage : celai de M. Anatole France (1).
« On a peint sous des couleurs trop noires, écrilil, la vie de nos aïeux rustiques. Ils prenaient de la peine et parfois enduraieut de grands maux, mais ils ne vivaient pas comme des brutes. IS'assombrissons pas à plaisir nos antiquités nationales. De tout temps, la France fut douce à ses enfants. Le paysan de l'ancien régime avait ses joies. Il y chantait. On a cru bien faire en le montrant taillable et corvéable à merci, et certes, les droits seigneuriaux étaient parfois lourds. Mais on devrait dire aussi que Jacques Bonhomme, qui n'est point une bête, fut ingénieux pour s'en affranchir plus qu'à demi, bien avant la Révolution. »
En face de ces témoignages qui semblent si hostiles les uns aux autres, certains esprits impartiaux aimeraient (en attendant la conclusion définitive que pourrait donner dans l'avenir l'apport de tous les textes souhaité par Fuslel deGoulanges)
(1) Vie littéraire, t. III, p. 118-119.