‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 21 sur 123 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

sur les sept vaches grasses. Les années « économiques » se suivaient jadis et se ressemblaient moins que maintenant, car, de nos jours, les moyens de communication tendent à égaliser les diverses régions. A une période d'affreuse disette succédait parfois une période florissante. Un voyageur traversant la France en 1724 ou en 1740, alors que le blé manquait, pouvait à juste titre plaindre nos paysans. Il le devait également en 1750 et en 1788. Mais ce qui dans son esprit pouvait être applicable à ces années cessait d'être vrai pour les périodes d'abondance-(l).

Envisageons maintenant la part du gouvernement dans cet état d'intermittente misère.

Beaucoup moins favorable à la France que son père, Lady Easllake n'hésite pas à en rendre la royauté responsable. Ecoutons M. Brunetière et M.Dimier(2) lui répondre : « A la Chine, dans l'Inde anglaise et ailleurs, écrit l'un, nous savons que de nos jouis il sévit d'épouvantables famines. On peut concevoir telle hypothèse, même sous la République, où la France ne suffisait pas à sa propre consommation. »

« Quant aux disettes elles-mêmes, nous dit l'autre, on ne les conteste pas. Elles n'étaient la faute de personne. Elles sévissaient dans toute l'Europe et dans plusieurs contrées bien plus

(1) A noter cependant que Rigby visite la France après le terrible hiver de 17S8 à 1789. Le fait ne donne que plus de force à son témoignage.

[2j Les préjugés ennemis de l'Histoire de France, t. II. p. 159.

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