INTRODUCTION XXXI
cruellement qu'en France. En 1681 et en 1687 on en avait déjà vu de semblables. C'est alors qu'il fallait recourir tantôt au pain d'orge ou d'avoine, tantôt au pain de fougère, pis encore. Ces désordres tenaient à la difficulté des communications, aux droits d'entrée que percevaient les provinces, à la pratique multipliée des jachères. Nulle part on ne voit que l'oppression en fût cause. »
Ajoutons encore qu'au xvnr3 siècle, le gouvernement eutàtâche de soulager la misère publique avec un zèle qu'on a trop souvent passé sous silence.
Taine lui-même le reconnaît : « C'est entre 1750 et 1760, écrit-il, que les oisifs qui soupent commencent à regarder avec compassion et avec alarme les travailleurs qui ne dînent pas. » A cette époque, en effet, les intendants, sinon pour la plupart, du moins pour un grand nombre, cherchent à améliorer le sort du peuple ; mais déjà en 1724, on a fondé les soupes populaires.
En 1766, un édit proclame qu'une terre en friches remise de nouveau en culture demeurera pendant quinze ans exempte d'impôts.
On sait enfin tout ce que Louis XVI fit pour le peuple malheureux (1). D'un récent volume de M. Camille Bloch (L'Assistance et VEtat en France à la veille de la Révolution), une idée nettement se dégage : c'est que, dans les derniers temps de l'ancienne monarchie, l'opinion s'est formée « que l'assistance des pauvres devait être un service national assuré par des ressources dont dispose-
(1) A noter sous son règne les notables progrès d'économie rurale réalisés par le duc de Liancourt et ses imitateurs. Le 22 juin 1785, le duc de Charost fait ouvrir trois concours pour l'amélioration de la culture.