‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 28 sur 123 · EMBARQUEMENT ET TRAVERSÉE · texte numérisé non relu

EMBARQUEMENT ET TRAVERSÉE

sir fut encore accru par les admirables remarques de Morgan sur la formation de la terre, les changements que le globe terrestre a subis, les mouvements réguliers de la mer, et sur d'autres sujets analogues. Nous nous sommes entendus avec le maître du bateau la Nymphe, et nous comptons mettre à la voile à cinq heures demain matin.

Vendredi matin, S juillet. — Superbe journée. Cinq heures et demie. Une brise favorable s'est élevée, et nous devons partir. La mer est très belle, et si jamais il doit y avoir une traversée sans danger, ce sera bien la nôtre. J'ai écrit précédemment que les falaises n'étaient pas plus hautes ici que celles de Mundsley ; information prise, elles sont plus élevées ; quelques-unes atteignent 360 pieds au-dessus du niveau de la mer.

9 heures. — Nous embarquâmes à six heures ; plusieurs autres paquebots se préparaient à mettre à la voile. Celui où nous sommes est un navire très propre, convenablement disposé pour les voyageurs ; il contient des cabines avec lits. La journée étant belle, le ventmodéré, et la mer calme, il y a peu de chances qu'aucun de nous ait le mal de mer.

Nous emportâmes à bord quelques provisions

de la Ship Tavern, à Douvres ; mais, bien que d'un prix exorbitant (langue 4 shillings et poulet 2 shillings 6 pence), elles n'étaient pas mangeables. Aussi le capitaine nous fit-il la gracieuseté de nous offrir du thé, qui d'ailleurs n'était pas fameux. J'en ai bu un bol. La côte de France s'étend maintenant devant nous.

Calais. — A midi, nous mettons le pied sur la terre française; pays plat ; la plage est très sablonneuse. Notre bateau s'était arrêté à environ quatre milles de Calais, mais un bateau pilote vint au-devant de nous, et cinq Français énergiques et joyeux nous amenèrent au port à force de rames. L'un d'eux portait des boucles d'oreilles, un autre avait une bague au doigt. Plusieurs garçons de différentes auberges nous attendaient. Nous choisîmes le Lion d'argent, et le garçon marcha immédiatement devant nous. En avançant nous fûmes bientôt frappés de l'aspect particulier des gens, surtout des femmes. Les femmes du peuple paraissent singulièrement fortes et musclées. Elles ne portent ni bas ni chaussures, et leurs jambes sont toutes nues. Celles qui ont des chaussures et des bas portent aussi des jupons courts, mais elles y sont habituées et n'en rougissent pas.

Page 1