INTRODUCTION IX
séculion contre les huguenots qui, aux yeux des histoires contemporaines, fut la cause initiale de la décadence de la société française. Elle contribua certainement à former ses opinions arrêtées sur le gouvernement, la noblesse et l'Eglise de France. »
Par son éducation ensuite. Dès l'enfance, cet âge où les premières impressions marquent pour la vie, Rigby reçut les enseignements du docteur Priestley qui défendait en religion l'unitarianisme et en politique les principes de la Révolution française, et qui devint plus tard citoyen français et membre de la Convention assez zélé pour que le gouvernement anglais, dans sa louable prudence, l'engageât à s'exiler.
Parmi les Français, Rigby n'admire guère que Voltaire et Montesquieu, parce que ceux-ci sont les apôtres des fameuses « libertés anglaises ». Sur ce point, il s'apparente à Young. Comme lui, comme beaucoup d'intellectuels anglais de son temps, il ne connaît la France que par la lecture de l'Encyclopédie, ou, ce qui est pis encore, par celle des « Voyages en France » de ses compatriotes.
Au reste, il est whig déclaré et — c'est Lady Eastlake qui parle — il prend un intérêt si passionné à la politique nationale que, chose rare à Norwich, ville réputée cependant comme éclairée, il reçoit un journal quotidien de Londres : le Morning Chronicle. Il est whig et il est progressiste. Idéologue, il a pleine confiance dans la souveraineté du peuple et dans l'avenir de la France libérée de ses entraves, et l'on sent percer chez lui le désir vaguement formulé d'une paix universelle, le vain espoir d'une Arcadie dans laquelle tous les peuples seront frères.
Ces tendances sont à constater chez lui, mais il