‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 39 sur 123 · RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS

que les Français ne sont pas ce peuple ignorant et frivole que nos compatriotes se sont si souvent imaginé. Rien n'aurait pu nous confirmer plus efficacement dans cette opinion que le spectacle que nous avons eu sous les yeux depuis six jours. Présence d'esprit, intrépidité froide, admirables dispositions, souci de prévenir les troubles dans la rue, attentions générales et amabilités à l'égard des étrangers, tout cela peut-être ne fut jamais remarqué à un tel degré chez tant de milliers de personnes, subitement appelées aux armes, dans des circonstances exceptionnellement faites pour déchaîner les passions les plus violentes et les plus grossières. .Te ressentirai toujours la plus vive sympathie pour le peuple, et j'espère que jamais dans l'avenir une politique injuste dans notre pays ne nous obligera à le considérer comme notre ennemi.

Aux yeux du moraliste et du philosophe, les conséquences futures de cette Révolution sur la science, les mœurs et le bonheur humain ne pourront qu'être très heureuses. Ce pays est si peuplé, et les habitants, même vivant dans des conditions désavantageuses, ont donné tant de preuves de leur ardeur au travail et de leur habileté, qu'il est malaisé de

concevoir quels progrès dans la science et la richesse ils atteindront quand ils seront libres d'exercer les facultés de leur esprit, et de jouir paisiblement de leurs œuvres.

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