‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 42 sur 123 · LE PALAIS-ROYAL · texte numérisé non relu

LE PALAIS-ROYAL

donnée à cette adresse. Le motif allégué par le roi pour concentrer des troupes autour de Paris était simplement de réprimer les troubles populaires et de maintenir le calme dans la ville. A peine étions-nous à Paris que nous comprîmes que Je Palais-Royal était le lieu où il fallait chercher tous les renseignements politiques ; car c'est là que se réunissaient toutes les personnes qui prenaient part au grand drame ; là que les questions politiques étaient disculées pour la première fois ; que le peuple prenait ses décisions et ses dispositions ; c'est là également qu'étaient reçues les premières communications de l'Assemblée nationale qui tient ses séances à Versailles et que les débats imprimes de l'assemblée circulaient pour la première fois. Enfin ce fut là aussi que les journaux d'un genre inconnu auparavant sous la monarchie (1) commencèrent à paraître et que des publications de toutes sortes sur les différents sujets politiques qui venaient quotidiennemeut de tous côtés obte-

(1) La Réuolulion de France et de Brabant, la France libre, le Publiciste parisien, l'Ami du peuple, œuvres de Murât et de Desmoulins, et bien d'autres dont on peut lire la liste à la Bibliothèque nationale. A celte époque apparaissent aussi des pamphlets par milliers : Qu'est -ce que le Tiers Etat? par Siéyès ; Mémoire pour le peuple français, par Cerutti ; les Droits des Etats généraux, par d'Entraigues ; Ma pétition, parTarget, etc.

naient les honneurs d'une première lecture. Nous concentrâmes notre attention sur cette place, et afin d'être les témoins des affaires qui s'y traitaient, nous prîmes un appartement dans un hôtel tout proche.

Nous nous levâmes de bonne heure et trouvâmes une foule au Palais-Royal, à une heure, où, même à Londres, les rues auraient été désertes. Les Français, partout, ont l'habitude de se lever de très bon matin. Nous nous en étions aperçus à Calais et également à Lille. Mais ils avaient maintenant à Paris un motif de plus d'être matineux. Les débats de l'Assemblée et les diverses affaires de la veille et de la soirée, imprimés pendant la nuit, firent leur apparition au point du jour, et ainsi, en même temps que la lumière du soleil, se répandirent les nouvelles les plus intéressantes. L'empressement de la foule à se procurer ces papiers était inimaginable ; les discussions s'engageaient de tous côtés entre les différentes classes du peuple partagées en de nombreux groupes mêlés, qui se distinguaient chacun par un ou deux orateurs.

Quand nous arrivâmes, on venait de lire l'adresse de l'Assemblée au roi, ainsi que lesdébats

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