LE PALAIS-ROYAL
passionnés sur sa réponse. Mirabeau s'était fait remarquer à cette occasion, surtout dans ces derniers débats.
0 nn'entendaitpartout que son éloge, la fermeté de l'Assemblée recevait les témoignages de l'approbation la plus vive, Une secondeadresse avait été votée par l'Assemblée, mais la Cour s'étant fortifiée dans ses dispositions militaires, la condescendance et la circonspection du roi diminuèrent en proportion. A la troisième adresse, rédigée dans les termes énergiques d'une fière remontrance, il répondit avec le langage insolent d'une royale sécurité. On lui avait persuadé que Paris renfermait maintenant une force militaire suffisante pour contenir la résistance populaire et, pensant que la fidélité de ses troupes ne pourrait être ébranlée, il fut amené à direàl'Assemblée : « L'armée est à moi, je m'en servirai selon ma volonté (1), ». Dans ces conditions, un con-
(1) C'est ainsi que l'on dénaturait les paroles royales. On lit au contraire dans les Dernières années de Louis XVI, par le Baron Huë (1814), p. 61 : « Le roi répondit à l'adresse de l'Assemblée : « Si la présence nécessaire des troupes dans les environs de Paris causait encore de l'ombrage, je me porterais, sur la demande de l'Assemblée, à transférer les Etats généraux à Noyon ou à Soissons et je me rendrais alors à Compiègne pour maintenir la communication qui doit avoir lieu entre l'Assemblée et moi. » Le comte de Mirabeau osa taxer de perGdie la réponse du roi. *>
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Ait était inévitable, et des symptômes de son approche se multipliaient à tous les instants.
Samedi malin, il juillet, nous allâmes de bonne heure à Versailles et nous entrâmes à l'Assemblée. Glorieux spectacle ! Tout le monde était admis sans difficulté. Nous arrivâmes à temps pour entendre La Fayette déposer une motion pour une déclaration des droits qui sera sans doute un des événements les plus remarquables de cette Révolution. Son discours fut court, mais animé etexpressif. Lally de Tollendal soutint la motion. Ni l'un ni l'autre ne firentde longs discours, mais ils furent accueillis avec une approbation enthousiaste par la majorité de l'Assemblée et par la foule des assistants.
Un curé, revêtu de la modeste robe d'un humble ecclésiastique, mais à la physionomie expressive et ouverte, se tenait près de nous, et semblait se pénétrer de chaque sentiment patriotique. Il ne cessait de témoigner son approbation par des gestes et toute une mimique enthousiastes. L'un de nous ayant des lettres pour Mirabeau, Target et quelques autres membres de l'Assemblée du parti du peuple, nous nous rendîmes chez eux dans l'après-midi.