‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 5 sur 123 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

quelqu'uue do ses idées préconçues, jusqu'à ce qu'il en soit à peu près complètement délesté, est ce qu'il y a de plus curieux et de plus instructif pour nous dans les pages que Ton va lire.

Lorsqu'il s'embarqua à Douvres, le 2 juillet, Rigby n'ignorait point l'état d'énervementde notre pays, mais il était loin de s'attendre aux événements qui allaient le bloquer à Paris et le faire assister par surprise aux premières convulsions révolutionnaires. Il partait en curieux désireux de s'instruire, et, comme l'a dit M. Babeau, cet homme âgé de quarante-deux ans, doué d'une forte intelligence, « réunissait toutes les conditions possibles pour voyager avec fruit. Il était admirablement préparé pour décrire avec compétence ce qu'il devait voir. C'était un observateur sans prétention, racontant simplement, un peu naïvement même, ce qu'il voyait, s'occupant plus des personnes que des choses, des choses que des monuments, et ne dédaignant pas les détails ».

Le style dé Rigby est clair, mais il a peu de couleur. Il décrit avec conscience, mais sans originalité. Cela peut-être est mieux ainsi, car n'aimant ni les boutades ni les paradoxes, ni les saillies, qui dans un récit donnent du charme à la forme aux dépens, parfois, de la véracité du fond, il nous livre un texte qui, avec la concision d'un carnet de voyage, présente un caractère très net de véracité.

Dès son arrivée dans le Nord de la France, Rigby est frappé de l'aspect fertile du pays. « Pendant vingt-cinq lieues il n'y a pas un arpent qui ne soit admirablement cultivé. Les moissons sont audessus de ce qu'il peut imaginer. Des milliers d'ar-

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