‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 58 sur 123 · RIGBY RESTE A PARIS · texte numérisé non relu

RIGBY RESTE A PARIS

de notre domestique. Il réussit à calmer l'imbécile qui commandait la garde et à obtenir de lui que la visite eût lieu dans la cour de Fhôtel. Mais quoique nous fussions loin du bruit et des insultes de la populace, notre patience fut complètement poussée à bout par l'extrême lenteur de cette formalité. Tous les objets de notre voiture furent minutieusement examinés, tous les papiers de nos malles lus d'un bout à l'autre, et nos poches et nos vêtements fouillés. Enfin, comme nous pensions que tout était fini, les pauvres diables de postillons, qui étaient fatigués autant que nous par les pérégrinations de ce jour funeste, reçurent l'ordre de se dévêtir complètement dans la cour, pour que l'on fouillât toutes leurs poches et toutes les pièces de leur vêtement. Cependant, comme, après tout, rien ne fut découvert pour nous confondre, l'individu qui nous avait causé tout cet ennui s'éloigna. Je crois même qu'il eut la gracieuseté de nous souhaiter une bonne nuit. Une fois sortis de ce dernier guêpier, nous pensâmes qu'il était plus sage de nous résigner à rester à Paris et d'attendre patiemment que des circonstances plus favorables nous permissent de partir. En dehors de la Révolution, Paris offrait

assez d'intérêt, pour nous étrangers, pour le cas où nous y serions retenus longtemps encore, et sa situation politique fournissait ample matière à notre curiosité.

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