‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 64 sur 123 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Lettres du 21 juillet au 26 juillet 1789.

L'auteur écrit de Dijon ses impressions sur Fontainebleau, Auxerre, Dijon. — Remarques sur l'état agricole de la Bourgogne, sur l'hôpital de Dijon. — Il arrive à Lyon après avoir visité Beaune, Cbalon, Mâcon. — Enthousiasme croissant au sujet de la France. — Description de Lyon. Ses édifices, son industrie, son commerce. Aspect florissant de la ville.

Mardi matin, 21 juillet 1789.

Je vous écris de Dijon en Bourgogne (1), à deux cents milles environ au delà de Paris.

Nous quittâmes Paris le dimanche 19 juillet de bon matin, sans difficulté, car les troubles avaient entièrement cessé, et la police de la ville avait repris sa régularité habituelle. Notre voyage de Paris à Dijon fut très agréable ; le

(1) La lecture du Conducteur français contenant les routes desservies par les nouvelles diligences, par L. Denis (1776-1789, 9 volumes in-8°, permet de suivre Rigby au cours de tout son voyage en France.

temps nous fut favorable, les routes sont bonnes (1), et aucun obstacle ne vint nous retarder. Je me demande qui a dit qu'il était si difficile de voyager en France, que les routes étaient exécrables, les chevaux si mauvais qu'ils ne pouvaient avancer, etc., etc. Nous avons pu suffisamment nous rendre compte qu il n'en est rien, et que beaucoup d'autres croyances, défavorables à ce pays et à ses habitants, sont également sans fondement.

Je suis émerveillé de l'importance de ce royaume, de son étonnante population, de l'amour du travail de ses habitants, de l'excellence du climat, et mon étonnement augmente à mesure que nous pénétrons plus avant dans le pays. Nous avons maintenant parcouru environ quatre à cinq cents milles en France, et c'est a peine si nous avons vu un acre inculte (2), excepté deux forêts et parcs, l'une

(1) Franklin, arrivant en France, fut également frappé de la beauté de nos routes. Cf. Correspondance de B- Franklin, traduite par E. Laboulaye.

(2) Ici encore on peut constater combien les appréciations de Rigbysont différentes de celles de Young. Non seulement l'un est un optimiste et l'autre un pessimiste; mais le premier, comme on l'a déjà dit, visite des provinces riches, tandis que le second constate dans celles — moins favorisées — que l'acre français ne produit que dix-huit boisseaux de grain, alors que l'acre anglais en produit vingt-huit ; et par un système de généralisation excessive, il applique le fruit de ses observations

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