FONTAINEBLEAU, SENS, ETC
appartenant au prince de Condé, commejc l'ai observé dans une lettre précédente, l'autre au roi de France à Fontainebleau, et elles sont couvertes de bois. Partout ailleurs presque chaque pouce de terrain a été labouré ou bêché et à cette époque semble écrasé sous le poids de la récolte.
Sur les routes jusqu'à la limite tracée par les roues des voitures, sur les collines jusqu'à leursommet, on peut voir les effets du travail de l'homme. Depuis que nous avons quitté Paris, nous avons traversé un pays où l'on cultive la vigne. Elle croît sur les flancs et même sur les sommets des collines les plus élevées. Elle se plaît même dans le sol trop pauvre pour porter du blé et sur les pentes abruptes où aucun animal ne pourrait tirer la charrue.
Notre premier arrêt après notre départ de Paris fut à Fontainebleau, où nous déjeunâmes et vîmes des cordes faites avec l'écorce des arbres. De là, à travers la forêt, en passant par Moret, ville petite mais populeuse, jusqu'à Sens, toute la route est superbe.
Sens est une grande ville, les maisons sont
à toute la France. (C'est surtout le centre, le Midi et l'Ouest que parcourt Young.)
principalement construites en bois et les rues sont étroites. Sur la place, des soldais et des citoyens étaient sous les armes, applaudis par les spectateurs qui les entouraient et par les dames du haut de leurs fenêtres et de leurs balcons. A Joigny et dans d'autres villes que nous traversâmes, le peuple était très animé et portait la cocarde nationale. Il était avide d'avoir des nouvelles de Paris.
Lundi soir, nous couchâmes à Auxerre, vieille ville en Bourgogne, et de notre auberge, Les Trois-Couronnes, nous eûmes vue.sur la rivière l'Yonne, qui est large et divisée par quelques îles, formant dans une partie un barrage naturel, ou cascade sur pierres, et mugissant en retombant sur elles. Ici, l'on trouve le vrai viu de Bourgogne, qui est très bon marché.
Le lendemain 21 juillet, à cinq heures et demie, nous quittâmes Auxerre ; la route est très accidentée, et la vue très étendue. Le sol est pauvre, étant formé de pierres calcaires et de graviers, mais il est planté partout de vignes. Près d'une petite ville appelée Vitteaux (1), que nous atteignîmes vers trois heu-
(1) Située dans l'arrondissement de Semur, dans une situation agréable sur la Brcnne, au milieu d'une plaine fertile. Le