‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 98 sur 123 · BERNE · texte numérisé non relu

BERNE

versâmes une contrée monotone, où dominaient surtout les pâturages et de vastes forêts de sapins. Nous couchâmes à Moudon, que nous quittâmes à trois heures et demie ; mais bien que Berne ne fût éloigné que de trente-six milles et que les routes fussent bonnes, nous n'arrivâmes pas dans cette ville avant huit heures du soir. Ce retard fut dû ô ce que nous eûmes les mêmes chevaux pendant tout le trajet et qu'ils furent obligés de prendre un long repos au milieu du voyage, mauvaise combinaison pour des voyageurs et qui pourrait être aisément modifiée.

Entre Payerne et Morat nous longeâmes le lac de Morat. Nous passâmes une nuit à Berne, chef-lieu du plus grand canton de la Suisse, grande ville, mais peu populeuse. La plupart des maisons sont bâties sur arcades. L'entrée de la ville est très agréable ; il y a des promenades à l'intérieur et autour de la cité, d'où l'on jouit d'une très jolie vue sur une rivière petite, mais rapide, qui entoure presque toute la ville. Ajoutez à cela qu'on distingue nettement une énorme chaîne de montagnes rivalisant en hauteur presque avec le mont Blanc lui-même, et également couverte de neiges éternelles.

J'ai visité l'hôpital. C'est en partie une infirmerie et, comme nous dirions, un workhouse. Les salles sont propres et bien aérées. J'ai causé un peu avec le pharmacien ; il m'apprit que M. Howard (1) était passé ici dernièrement se rendant en Turquie, etc. Nous vîmes des prisonniers dans les rues, tels qu'ils sont décrits par Howard. Ils étaient enchaînés à de petits chariots légers. Ils paraissaient en bonne santé, fumaient tous et étaient occupés à balayer les rues.

Baie est une vieille cité, chef-lieu du canton de Bâle, bien située sur le Rhin, fleuve qui rivalise presque avec le Rhône pour la rapidité de son courant, et le surpasse quant à son volume d'eau. La ville de Bàle est encore moins peuplée que Berne, et par conséquent plus morne. Sauf sur la place du marché, il y a une bonne récolte de foin dans toutes les rues de la ville. Néanmoins, nous passâmes notre aprèsmidi très agréablement. La lettre de M.Iselin(2) nous servitd'introductionauprès de sesparents,

(1) Richard Scrope, comte Howard (172G-1790), philanthrope anglais, qui consacra toute sa vie à visiter les prisons, les hôpitaux et les lazarets, et mourut d'une fièvre maligne contractée en Russie auprès d'un malade.

(2) M. Iselin était le chef d'une famille notable de banquiers bâlois qui est encore représentée de nos jours.

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