‹ Lettres du docteur RigbyChapitre 99 sur 123 · STRASBOURG · texte numérisé non relu

STRASBOURG

qui sont des gens notables du pays. Deux de ses frères, dont l'un est ce monsieur qui vint une fois à Framingham, se trouvaient à leurs maisons de campagne, mais la maison de son beau-frère étant à un demi-mille de la ville, nous lui rendîmes visite, et j'eus une longue conversation avec la sœur de M. Iselin qui est une femme très intelligente. Son mari, M. Merrian, nous accompagna dans notre visite de la ville, et nous rendit grand service au sujet de certains préparatifs de départ.

Mayence, mardi matin, 25 août 17 S9.

Si nous pouvions voyager aussi vite que la poste, je serais probablement avec vous aussitôt que cette lettre, car nous hâtons notre retour en Angleterre autant que nous pouvons, mais l'incertitude du voyage dans ce pays, où les gens ne sont pas moitié aussi vifs qu'en France, et l'état encore plus incertain de la mer nous, empêchent absolument de fixer le jour de notre arrivée en Angleterre.

Je crois que ma dernière lettre vous a conduites jusqu'à Bâle. Nous quittâmes cette ville samedi matin (22 août) et nous traversâmes ne jour-là une province française jusqu'à

Strasbourg. Cette ville est en Alsace, sur les confins de l'Allemagne (1), et les habitants, d'origine allemande parlent l'allemand et ne sont pas évidemment aussi gais et aussi enjoués que de vrais Français. Nous fîmes constamment route à travers une vaste plaine, très plate, monotone et sans intérêt, contrastant avec le paysage pittoresque auquel nous avions été si habitués. Le sol est maigre, mais partout cultivé. Nous remarquâmes du tabac, du chanvre, du blé, de l'avoine, etc., et beaucoup de noyers morts à la suite des ' rigueurs de l'hiver dernier. Dans la soirée, cependant, nous eûmes la satisfaction de voir maints paysans pratiquer la liberté de la chasse sur la terre qu'ils occupaient, privilège qui leur a été accordé par une loi de l'Assemblée nationale depuis que la Révolution est survenue. Avant cette loi, les lois sur lâchasse étaient si rigoureuses que quiconque tuait un lièvre, une perdrix ou quelque animal qui ravageait ses champs, était envoyé aux galères. A Strasbourg nous éprouvâmes les effets de ce changement de législation. Nous eûmes à notre souper un

(1) Les impressions de Rigby concordent avec celles de l'Allemand Wille, qui visite Strasbourg vers la même époque. (Mémoires et Journal de .T. -G. Wille, graveur du Roi.)

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