GENDARMERIE
Depuis la révolution de février 1848 et pendant les événements de décembre 1851, la gendarmerie avait rendu d'éminents services à l'ordre public. Déjà avant le 2 décembre, diverses mesures avaient été prises dans l'intérêt de ce corps devenu populaire au milieu des troubles civils. En proposant un ensemble de dispositions pour perfectionner l'organisation de la gendarmerie et pour améliorer le sort des gendarmes, le Maréchal satisfaisait aux vues éclairées du gouvernement de l'Empereur.
Un décret du 16 décembre 1851 rétablit le comité consultatif de gendarmerie. Il était nécessaire que les questions diverses et souvent toutes spéciales qui intéressent l'organisation , le service , la discipline, l'instruction, et enfin le personnel du corps de la gendarmerie, fussent soumises aux délibérations
d'officiers généraux compétents. C'était une garantie de bonne administration.
Peu de jours après ce permier décret, le 22 décembre \ 851 , un autre décret a été rendu pour la réorganisation du corps de la gendarmerie.
Voici, en substance, l'économie et les dispositions de ce décret :
\° Le commandement de chaque compagnie comprenant, en moyenne, deux cent quarante sous-officiers et gendarmes à administrer, à diriger dans des fonctions multiples, souvent délicates et qui s'appliquent à une étendue de territoire considérable, est confié à un chef d'escadron.
2° Un assez grand nombre de lieutenances importantes sont érigées en capitaineries.
3° Des emplois d'adjudants sous-officiers et de maréchaux des logis chefs, sont créés pour le commandement des brigades importantes.
4° Enfin, pour assurer le service de la comptabilité, des maréchaux de logis adjoints aux trésoriers ont été compris dans les nouveaux cadres.
L'ensemble de ces dispositions a constitué pour le corps de la gendarmerie d'utiles améliorations. L'augmentation du nombre des chefs d'escadron, des capitaines, des sous-officiers, présente cet avantage, que l'avancement entre les divers grades est mieux réglé et se rapproche du mouvement progressif qu'il suit dans les autres armes. La composition du personnel de l'arme devait s'en ressentir,
car l'espoir d'un avancement plus assuré avait pour résultat d'y attirer un plus grand nombre d'officiers distingués appartenant aux autres corps de l'armée.
Une décision ministérielle du 27 mars 1852 est venue combler une lacune que présentait l'organisation de la gendarmerie. Ce corps n'avait pas de service de santé organisé comme pour les autres corps de l'armée. Les inspecteurs généraux de l'arme se plaignaient que les gendarmes et leurs familles fussent obligés de recourir à leurs frais à la médecine civile ou exposés à manquer de soins.
Par la décision ministérielle du 27 mars 1852, il a été ordonné qu'un service de santé serait organisé pour la gendarmerie, dans toutes les villes de garnison ayant ou non des hôpitaux militaires.
Par une anomalie difficile à justifier, la gendarmerie composée de soldats permanents et mariés ne comportait pas dans son organisation spéciale de places d'enfants de troupes. Les militaires de cette arme chargés de famille devaient concourir pour l'obtention de places vacantes dans les corps de troupe de ligne. La création d'un nombre déterminé d'enfants de troupes par compagnie de gendarmerie a été décrétée.
On peut citer encore diverses autres dispositions ayant toutes pour objet l'amélioration du bien-être des gendarmes.
Ainsi les gendarmes vétérans ont vu leur position relevée et leur solde notablement augmentée.
Les sous-officiers et brigadiers de l'arme ont été
admis à jouir d'un accroissement de solde de dix centimes par jour.
Dans toutes les localités pourvues de manutention, les sous-officiers, brigadiers et gendarmes, ont été autorisés à se fournir de pain de troupe à un prix fixé par le ministre.
Enfin, les militaires de la gendarmerie réformés pour cause d'infirmités sans avoir droit à pension et qui comptaient au moins huit ans de service, ont été admis à jouir d'une gratification temporaire de réforme.