‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 10 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

12 juin 1807.

Je suis instruit, ma chère fille, de votre état de faiblesse. Je prie Dieu de vous en délivrer afin que vous puissiez Le servir avec plus d'activité. En attendant, ne vous gênez pas pour m'écrire. Je me porte très bien. J'ai vu avec plaisir que le pauvre monsieur de Broise s'était fixé ; Dieu veuille que ce soit pour toujours, ce serait pour lui un grand bonheur.

Je n'ai pu encore répondre à mademoiselle Gaillard ; ce sera pour mardi prochain.

Tout à vous dans le Seigneur.

P. Joseph.

Je vous prie de faire remettre l'incluse à monsieur Appert.

16 juin 1807.

Ma chère Fille,

Depuis vendredi, je n'ai vu personne qui ait pu me donner de vos nouvelles ; j'espère qu'elles ne sont pas pires et je souhaite qu'elles soient meilleures. Un grand sujet de consolation dans nos maladies, c'est que le défaut de santé ne nuit point à notre avancement dans la piété et qu'au contraire il peut y servir beaucoup. Une grande confiance en Dieu, un abandon sans réserve à sa divine Providence. Le Seigneur fait que tout tourne au bien de ceux qui l'aiment ; de quoi donc pourrions-nous nous inquiéter ?

J'écris à mademoiselle Gaillard ; elle me marque qu'elle a pris sa détermination, mais qu'elle est embarrassée pour l'exécution. C'est une âme encore bien faible ; dites-lui comment elle doit s'y prendre pour avertir son frère de son dessein. Je craindrais quelque gaucherie de sa part qui pourrait nous compromettre. Inspirez-lui un peu plus de courage et dirigez-la.

Lisez aussi ma lettre à mademoiselle Ernoul, et si vous le pouvez,

ajoutez quelques mots de consolation à ma lettre ; son indisposition en a besoin. J'ai été fort content de ses lettres, et mademoiselle de Fermont et monsieur le Large m'en ont dit beaucoup de bien. Je vous remercie de vos cerises. Priez pour moi comme je le fais pour vous, et soyons en Jésus et Marie, Cor unum et Anima una.

C'est aujourd'hui St Régis ; puissions-nous avoir son amour et son zèle.

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