‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 100 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Àlon cher et respectable Confrère,

J'aurais voulu répondre sur le champ à votre lettre du 19 février qui m'est parvenue un peu tard. La perte que vous m'apprenez de notre cher et respectable Confrère (M. Bacoffe) est grande et bien sensible, mais adorons la volonté de Dieu ; soumettons-nous y pleinement et osons espérer tout de son infinie bonté. N'en doutons point, Il viendra au secours de son petit troupeau. Ce que le vénérable défunt a dit en votre présence, jusqu'à trois fois, fait bien voir qu'il avait un fort pressentiment de sa mort prochaine. Je regarde comme une grâce véritable que cette mort, ayant été si précipitée, il ait pu recevoir l'absolution et une des onctions. J'ai dit, comme je le devais, la Sainte Messe pour lui, je continuerai à le faire, et je ne manquerai pas de demander pour lui les suffrages accoutumés à nos Confrères.

Je sens que cette mort ne peut que vous surcharger ; ce que vous ne pourrez pas faire par votre présence, suppléez-y, autant qu'il vous sera possible, par vos lettres. Nous sentons bien vivement les tristes suites de la séparation de nos Confrères, que je n'oserais blâmer, mais qui, je crois, n'aurait pas eu lieu s'ils avaient été instruits de la décision qui nous a été donnée par le S.P. et par ceux qui le représentaient, sur le recours, non nécessaire dans les circonstances actuelles, aux Ordinaires, et s'ils avaient réfléchi sur la nature même de nos engagements qui ne nous isolent point, nous autres prêtres, du Clergé Séculier.

Il n'y a pas encore longtemps, M. d'Aubonne m'écrivait qu'il songeait à s'établir avec sa famille à Besançon, s'il peut y parvenir

et se décharger de sa place au Lycée ; ce sera un secours que la Providence vous enverra à la place de M. Bacoffe. Vous en êtes sans doute informé. Vous ferez bien de lui écrire et de l'engager à se joindre à vous le plus tôt possible. Redoublons nos prières, et qu'un surcroît de ferveur attire sur aous l'assistance du Seigneur dont nous avons un si grand besoin. Tous nos amis vous saluent et se recommandent, ainsi que moi, à vos prières. Mes respects à Madame Chifflet. Ne doutez point du sincère attachement avec lequel je suis, mon cher Confrère, votre très humble et très obéissant serviteur en N.S.

PJ. de Clorivière.

A Monsieur

Monsieur Pochard, Curé de Ranchaux près Quingey à Quingey,

Dépt. du Doubs.

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