‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 101 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

N... près Provins, 27 août 1813.

Monsieur et très honoré Confrère, Je profite de l'occasion que j'ai de vous écrire librement pour vous donner de mes nouvelles. Je le dois à la rencontre que j'ai faite de Mlle Murette à la campagne, chez M. de Clermont Mont Saint Jean, son cousin germain, et mon cousin issu de germain par sa femme... Au mois de mars j'ai été à Fontainebleau, et le 17 j'ai eu une audience particulière du S. -Père, à qui j'ai été présenté par le Cardinal di Pietro qui jouissait de toute sa confiance et qui m'honore de ses bontés. Après un petit discours latin dans lequel je lui ai rappelé l'approbation qu'il nous avait donnée la première année de son Pontificat, le 19 janv. 1801, je l'ai supplié de nous accorder, à moi et à nos deux Soc, sa Bénédiction Apostolique, en confirmation de l'approbation qu'il nous avait donnée. Il l'a fait avec effusion de cœur. Il a aussi accueilli bien gracieusement l'offrande que je lui ai faite de mon Commentaire sur les Épîtres de St Pierre, et de plus il nous a accordé Indulgence plénière pour la irc Consécration, l'émission des Vœux et les jours où on les renouvelle, deux fois l'année. Dans l'après-dîner, j'ai été revoir mon bon Cardinal, et la première chose qu'il m'a dite a été que le S.P. lui a témoigné m'avoir vu avec satisfaction.

Il y a peu de temps que j'ai fait une excursion en Normandie pour y voir quelques Confrères très méritants. J'ai été bien consolé en voyant la ferveur que j'ai trouvée dans tous les membres de nos Sociétés ; je ne puis l'attribuer qu'aux bénédictions du Seigneur. Je dois aller en octobre donner une retraite au Séminaire d'Évreux, à la tête duquel est un des nôtres. L'année dernière j'en ai donné

une à Chartres, où la Société de Marie est bien fervente. Celui qui est à la tête des nôtres est Curé, et dans sa paroisse a formé un petit troupeau qui en fait l'édification. Je suis bien convaincu qu'il en est ainsi de ceux que vous gouvernez. Il n'est pas besoin, il ne serait pas même prudent dans les circonstances présentes, .de recourir à l'autorité des Ordinaires, dans ce qui regarde nos familles. C'est ce qui m'a été nettement décidé plus d'une fois par ceux que j'ai consultés, au nom du Souv. Pontife. Je souhaiterais bien que M. d'Aubonne eût pu se fixer à Besançon comme il le désirait, mais je doute fort qu'il ait pu l'obtenir.

Je me recommande instamment à vos prières et à celles de tous nos amis.

Je suis en union des CC. SS. de Jésus et de Marie, mon Cher et très honoré Confrère, votre très humble et très obéissant serviteur, de Clor. Prêtre.

Je retourne bientôt à Paris, à mon domicile ordinaire.

A l'Assomption dernière, nous y avons eu une nombreuse 1 assemblée.

CORRESPONDANCE du P. de Clorivière avec Mr BACOFFE

9 lettres.

Mr Bacoffe avait appartenu quelques années à la Compagnie de Jésus avant sa suppression, comme le rappelle la lettre du P. de Clorivière à Mr Pochard en date du 3 août 1800. Le fondateur faisait alors quelques réserves à la communication du Plan de la Société du C. de J. à Mr Bacoffe, parce qu'il voyait déjà les premiers indices du rétablissement de la Compagnie. Cependant l'heure pouvait tarder encore et, de fait, Mr Bacoffe devait mourir un an avant qu'elle sonnât pour la France. Quand il connut la nouvelle milice, il y entra et en fut un des meilleurs appuis.

« Mr Bacoffe est plein, je le sais, de l'esprit de Jésus-Christ, écrivait le P. de Clorivière en 1803, et je désire qu'il remplisse beaucoup d'autres de cet esprit, le seul qui doive régner dans nos Sociétés ».

Mr Bacoffe était alors curé de Notre-Dame de Besançon. Depuis il fut Vicaire Général. Il mourut subitement en 1813, à l'âge de 69 ans.

A Monsieur Bacoffe à Besançon.

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