L. J. Ch
Paris, 15 octobre 1812.
Monsieur et respectable Confrère,
J'ai eu le plaisir de voir ici Monsieur Perruchez, Prêtre de Salins, qui m'a proposé de se charger d'une lettre pour vous. Il part demain et je n'ai qu'un moment pour vous écrire. Je viens pour cela de relire votre lettre du 7 septembre à laquelle je n'ai pas encore répondu, faute de temps et d'occasion. Cette lettre n'a rien que de consolant. Elle m'apprend le meilleur état de santé de M. Bacoffe après une longue maladie. Dieu veuille nous le conserver longtemps. Présentezlui mes respects et mes vœux. Agréez vous-même que je vous félicite sur votre nouvelle église. Vous n'avez pu la bâtir sans bien des embarras. Mais ces embarras sont bientôt réparés, ils ne font point tort à l'âme. Dieu sait bien récompenser avec usure. Redoublons notre ferveur à son service à mesure que la foi se perd, que la charité se refroidit et que la malice du monde s'accroît à vue d'œil. Sauvons du naufrage par nos prières, nos paroles, nos exemples et nos travaux, le plus d'âmes que nous pourrons avec le secours de la grâce. Trop heureux si nous souffrons des opprobres, des peines, des tourments et la mort en travaillant à l'œuvre du Seigneur. Confiance, abandon, courage et patience. Le Seigneur veille Lui-même au bien spirituel de ceux qui s'occupent pour son amour du salut des autres. Monsieur Perruchez m'a dit que vous vouliez le charger de plusieurs choses pour moi, que son départ précipité l'a empêché de prendre. Je vous
remercie, mais je ne suis pas sans regret. Quand vous en aurez l'occasion, bien des choses à M. d'Aubonne : je me réjouis du nouvel emploi qu'on lui destine ; je crois qu'il sera plus de son goût et pour la gloire de Dieu. Mes respects à Madame Rosalie et toutes ses compagnes de Dôle. Je salue humblement tous nos Amis et Amies qui sont dans vos contrées. Tous nos amis d'ici vous en disent autant, et spécialement la respectable Adélaïde. Nous nous portons tous bien hormis un seul qui, depuis un an, est dans une retraite forcée. Cor anum et anima una. Je suis, en union des CC. SS. de Jésus et de Marie, tout à vous ; priez pour nous, mon cher et respectable Confrère. Votre très humble et très obéissant Serviteur,
P. Joseph.
A Monsieur,
Monsieur Pochard, Curé de Ronchaux près Lons-le-Saunier
Dépt. du Jura.
8 mars 1813.