L. J. Ch
Mon cher et très digne Confrère,
Votre lettre me fait un très grand plaisir, tant à cause de ce que vous me dites de votre liaison avec M. Bidaut, que ce que vous me marquez de Mlle Séjourné et de ses bonnes dispositions. J'approuve entièrement ce que vous avez fait pour elle ; je ne vois que vous qui puissiez poursuivre en elle parfaitement ce que Dieu a commencé par votre ministère. Elle est dans le même cas que vous ; ce n'est pas de son choix qu'elle a quitté la Société ; elle a dû plier sous la force de l'autorité. C'est pourquoi fe. l'admets très volontiers de nouveau dans la Société de Marie et j'en parlerai à la Mère Générale. Je ne crois pas même qu'étant instruite de tout et d'ailleurs bien disposée, elle ait besoin de beaucoup de temps pour renouveler sa Consécration ; je vous en fais le juge. Si elle était proche d'Étampes, je lui donnerais pour Supérieure une des Délies Chazotier, sinon suppléez au défaut de supérieure ; qu'elle vous rende compte de conscience, et formez-la de plus à la pratique des Règles si la chose était possible ; M. Bidaut, notre ch. Conf., pourrait de temps en temps l'examiner. Voilà la réponse à vos quatre demandes.
Je suis très content de ce que vous me dites que vous vous regardez vous-même, ainsi que Mlle Séjourné, comme des pierres d'attente. Vous avez bien raison, nos Sociétés sont de la nature de ces plantes qui doivent prendre d'abord racine dans le sol auquel on les destine, et qui se propagent comme d'elles-mêmes. Un bon prêtre du Cœur de Jésus, une vertueuse Fille du Cœur de Marie doivent suffire dans un diocèse pour y établir les Sociétés. Cela demande du temps, mais le zèle, le bon exemple, la patience et une grande confiance en Dieu, avec le secours de la grâce et la protection de Marie, viennent à bout de tout.
Redoublons nos prières et notre union dans les C.C. de Jésus et de Marie. Un rapport très favorable a été présenté hier par le Ministre à S. M. l'Empereur pour ma mise en liberté ; s'il l'a ratifié, je sortira sous peu de jours. Je suis dans le Seigneur, tout à vous.
Ce 5 octobre 1807.
A Monsieur, Monsieur Faucheux Curé de Chaussy, près Toury. A Toury Dép. du Loiret.