‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 109 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Je vous envoie, mon cher Confrère, la longue lettre dont je vous ai parlé (1). Elle a été achevée plus tôt que je ne vous l'avais marqué. La seule grâce que je vous demande pour ce léger travail que ma tendre amitié pour vous m'a fait entreprendre, dans un temps où j'étais surchargé d'autres occupations, c'est que vous la lisiez dans le même esprit de simplicité qu'elle a été composée. Jamais je ne prenais la plume sans implorer du plus intime de mon âme les lumières de l'Esprit de Vérité. Je conjure la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, d'exaucer les prières que vous lui faites, et de vous obtenir que la lecture de cette lettre vous soit profitable et que vous deveniez un jour un de ses plus zélés panégyristes. Ce souhait est plus grand que vous ne l'imaginez peut-être et je le forme de bien bon cœur.

(1) Lettre sur la T. S. Vierge, en réponse à quelques objections.

A un Confrère de Rouen.

Ce 17 avril 1802.

Ce n'est que pour plus grande assurance, M.C.C., que je réponds à votre lettre du 14, reçue seulement hier au soir. La chose n'est pas fort nécessaire, si la bonne Marie (1) a reçu une lettre que je lui ai écrite et qui est partie hier matin pour Rouen. Elle en renfermait une de son parrain (2) qui l'engageait à revenir ici. La mienne était pour la déterminer à se rendre à ses pressantes sollicitations et je lui en apportais les raisons. Je n'ai point de raison de croire qu'elle n'ait pas reçu ces deux lettres, c'est pourquoi je ne lui répète pas ce que je lui ai dit. Je désire, ou plutôt nous désirons ardemment la voir, et je crois que le Seigneur le veut aussi. Elle peut se rendre directement chez nous et y descendre. Mlle Deshayes, rue du petit Vaugirard, N° 227. Nous serons cependant bien aises qu'elle nous écrive, afin qu'on l'attende et qu'on aille au devant d'elle. Elle nous causera une grande joie, et dans le temps Pascal, nous chanterons l'Alleluia de bien bon cœur.

On vient de m'assurer que les Évêques constitutionnels ont fait leur rétractation, qu'on avait eu soin de bien motiver. Ils n'auraient pas eu sans cela leur institution canonique... Ce n'est peut-être pas un grand bien pour eux, car ils y ont résisté tant qu'ils ont pu. Mais au moins l'apparence du culte constitutionnel disparaîtra et la France sera catholique et gouvernée par des Pasteurs légitimement placés.

A Monsieur P. Moreau, Prêtre, demeurant à Quingey département du Doubs.

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