L. J. Ch
Monsieur et respectable Confrère,
Je vous remercie de tous les détails où vous êtes entré par rapport à nos deux familles. Ce que vous m'avez dit en particulier de nos filles de Dôle, de leur constance, de leur fidélité au milieu des rudes épreuves auxquelles la divine Providence les a mises, m'a donné beaucoup de consolation, et je vous prie de leur en marquer mon contentement. Je vois avec plaisir que Dieu les a consolées dans leurs peines, comme je l'espérais de son infinie Bonté. Vous avez aussi bien fait d'être venu à leur secours dans les circonstances fâcheuses.
Vous avez toutes les permissions que vous pouvez désirer pour toutes ces affaires auxquelles la volonté de Dieu veut que vous vous appliquiez et que le bien de votre paroisse exige. Ne vous rebutez pas de votre peu d'avancement dans les voies de Dieu ; on n'aperçoit qu'à la longue les progrès qu'on y fait, lors même qu'on s'applique le plus à la perfection. Soyez toujours dans la ferme résolution de le faire, ne vous relâchez point dans le saint exercice de l'oraison et de la mortification, surtout de celle qui consiste dans le renoncement à soi-même ; retranchez, autant que vous le pouvez, mille petites inutilités qui, sans être mauvaises, prennent beaucoup de temps qu'on pourrait mieux employer, et font perdre en partie le goût de Dieu.
Nous sommes ici toujours dans le même état qu'auparavant et nous nous efforçons de servir Dieu de notre mieux et sans bruit. Toute notre confiance est dans le Seigneur, à qui tout est possible et qui, quelquefois, accorde en un instant ce qu'on lui a demandé en vain pendant un grand nombre d'années. Ne nous lassons point d'attendre et n'ayons pas d'autre volonté que la sienne.
M. Bourgeois et tous nos ch. Confrères vous saluent. Nous nous recommandons tous à vos saintes prières et SS. SS. Soyons tous dans les SS. CC. de Jésus et de Marie Cor unum et animauna.
Je suis, Monsieur et cher Confrère, Totus in Xto tuus.
P. Rivière.
P. S. Je vous enverrai un autre exemplaire de mon S. Pierre, ainsi vous pourrez laisser à M. Bacoffe celui qui est entre ses mains.
A Monsieur Lambert, Directeur au Séminaire à Évreux. Laud. J. Xtus.
Monsieur et très honoré Confrère,
J'ai reçu avec la plus vive satisfaction les vœux et les souhaits que vous me faites- au commencement de cette année. Je sais qu'ils sont dictés par un sincère attachement. Recevez de même les miens, et qu'ils servent de plus en plus à resserrer les nœuds qui nous unissent dans le Cœur adorable de Jésus. Ce que je vous souhaite, ce sont tous les biens et les seuls biens que signifie le divin Nom de Jésus, et dont il est le gage assuré pour les hommes de bonne volonté.
Nous avons eu la consolation d'avoir pendant deux jours M. Howel, et la connaissance plus grande que j'ai faite de ce digne Confrère n'a fait qu'augmenter l'estime que j'avais pour lui. Il est maintenant plus à nous qu'auparavant. Il a fait ce qu'il avait projeté de faire, à mon grand contentement et au sien, à ce que j'espère. Je lui ai dit ce que je pensais de sa nouvelle distinction. Mais il vous en rendra compte lui-même, mieux que je ne pourrais le faire et que la circonstance ne me le permet.
Je viens à ce qui vous regarde. Je crois vous avoir écrit, au sujet de la proposition que vous a faite Madame la Supérieure de la Communauté de Pont-Audemer, que je la crois très convenable pour vous, et que le délabrement de votre santé vous faisait une nécessité de l'accepter et de représenter à vos Supérieurs ecclésiastiques les raisons qui peuvent les porter à y donner leur consentement. Si vous ne l'avez pas fait encore, hâtez-vous de le faire, autrement vous serez en peu de temps hors d'état de rendre service à l'Église. Si la place est encore à remplir, présentez à cette fin un petit mémoire à votre Évêque. Vous ferez en cela unechoseagréableàNotre-Seigneur, d'autant que vous n'envisagez en aucune manière votre propre intérêt.
Je vous renouvelle les assurances du sincère et respectueux attachement avec lequel je suis, Monsieur et très honoré Confrère, votre très humble et très obéissant serviteur en N.S.
P.J. de Clorivière p.
Paris, 7 janvier 1811.
A M. LOYE, Prêtre de la Société de Jésus Supérieur des Filles du Cœur de Marie à Besançon.