L. J. Ch
Ce mardi 30 juin 1807.
Je vous remercie, ma chère fille, du beau dîner que vous m'avez envoyé pour ma fête. La soupe, le bouilli, la volaille, le pâté, les légumes, tout était excellent et bien accommodé, et le dessert était splendide ; il me servira plusieurs jours. Monsieur de la Neuville, notre ancien ami, l'a partagé avec moi et m'a chargé de vous présenter ses respects.
Chargez-vous de mes remerciements pour tous ceux qui m'ont souhaité la fête. Mille choses à la bonne Agathe.
J'ai vu mademoiselle Gaillard ; les moyens qu'elle a pris sont bons. Avant qu'elle parle à son frère, ce qu'elle ne devait pas redouter, il sera bon que j'écrive à, Tours pour savoir où les choses en sont. S'il est possible, qu'il ne soit pas fait mention de moi, surtout vis-à-vis de Monsieur de Montagne qui, je crois, est prévenu contre moi.
Je vous remercie de m'avoir procuré la lecture du mandement de M. de Namur. J'avais vu celui de M. votre frère pour Marseille, et la nouvelle sur la fête du S. Cœur, qui est très bonne. Qu'il daigne avoir pitié de ce pauvre royaume !
Ce que vous me dites du tableau de St Pierre est très aimable. Je suis, en union des Cœurs Sacrés, tout à vous.
Ier vendredi du mois, 3 juillet.
Ma chère Fille,
Je vous renvoie vos trois lettres. Vous avez raison de me dire que votre nièce Rosalie est dans une situation touchante. Il paraît que Dieu veut la conduire au ciel par un chemin plus court mais plus difficile : le sentier des croix et des infirmités corporelles. Elle les reçoit comme une véritable Fille de Marie ; cette qualité doit lui attirer bien des grâces. C'est aussi un titre qui m'oblige, ainsi que celui de votre nièce, à m'intéresser très particulièrement à elle. Quand vous lui écrirez, présentez-lui mes respects, ainsi qu'à M. F. qui paraît dans les mêmes sentiments que mademoiselle d'Armaillé. Faites-en autant à madame St-Placide qui, dans son premier état, nous conserve l'attachement qu'elle avait pour nous étant à la tête de vos filles... M. Lamb... m'avait écrit il y a quelque temps, que son évêque l'avait placé dans son séminaire, mais en second. J'ai répondu dans le temps à sa lettre.
Monsieur l'évêque de Rennes m'a fait dire que M. Desmarets avait fait pour moi un rapport très favorable et dont il espérait beaucoup ; qu'il s'était fait ma caution et qu'il comptait m'emmener à Rennes. Cela ne s'accorde pas avec ce qu'il vous a dit. La volonté de Dieu soit faite ; Il saura tirer sa gloire de tout.
Je suis, dans les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, tout à vous-
Portez-vous bien.
A Mademoiselle Adélaïde.