‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 14 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Ce mardi 7 juillet 1807.

J'ai écrit à Tours, comme vous me le marquiez, ma chère fille, pour annoncer mademoiselle Gaillard à monsieur Guépin, en lui marquant que le dernier mot n'est pas encore dit au frère et, s'il est temps, de le dire. Nous attendons sa réponse. M. Bourgeois vous aura sans doute dit, comme il me l'a écrit, que, d'après l'examen qu'il a fait de Mademoiselle Pillois, il n'avait rien trouvé de bien blâmable en elle. Il est assez étrange qu'on ait mis à sa charge des choses qu'on l'obligeait de faire. Je lui réponds que je n'ai point d'objection contre elle, si on la juge propre pour l'emploi, mais qu'avant de se décider, il fallait nécessairement prévenir M. Guépin de quelques circonstances qui regardent mademoiselle Pillois ; qu'il aurait lieu de se plaindre si on ne le faisait pas.

Je vous remercie d'avoir fait mention de moi dans vos lettres en Bretagne. Il paraît quelque petite amélioration à votre santé puisqu'elle vous permet de prendre l'air. Je souhaite qu'elle se fortifie de plus en plus ; que le Seigneur soit lui-même votre force et votre vie.

C'est en union de son divin Cœur et de celui de sa sainte Mère que je suis ma chère fille, tout à vous.

A Mademoiselle Adélaïde., \

Ce 10 juillet 1807.

Ma chère fille,

Pour ne point l'oublier, je vous accorde ce que vous me demandez pour la retraite de Semur, le voyage de St- Germain et la statue de St Joseph.

Quand vous voudrez, vous vous déciderez pour Augustine, mais peut-être sera-t-il bon d'attendre la réponse de M. Guépin sur Mlle Gaillard.

Ce que vous me dites de votre filleul me fait plaisir. Quand vous verrez Mme St-Yves, présentez-lui mes respects et dites-lui que je m'intéresse toujours à ce qui la regarde ; je prierai pour son fils.

J'ai fait honneur à votre poulet, je l'ai fait réchauffer et il a fait une bonne partie de mon dîner. Je me porte bien... Il y a grande

apparence de paix continentale ; l'époque est heureuse pour ma délivrance. Tout est entre les mains de Dieu ; ne mettons notre contentement que dans l'accomplissement de son bon plaisir. Ne vivons que pour Lui.

Je suis dans le Seigneur, ma chère fille, tout à vous.

A Mademoiselle Adélaïde.

Mardi 14 juillet 1807.

Ma chère Fille,

J'ai été fort content des lettres de mademoiselle Durand et je lui réponds en conséquence. J'ai cacheté ma lettre parce qu'il y a quelque chose qui regarde un ancien confrère. Priez pour que je puisse gagner quelque chose. Ce qu'on écrit de M. Presleur est bien satisfaisant. J'ai vu aussi avec satisfaction ce qu'on vous dit de M. Mistouflet.

Je viens d'écrire une longue lettre à Nantes pour M. Bodinier, incluse dans une à mademoiselle Ernoul.

Je vous renvoie vos journaux, ils sont assez intéressants ; je connaissais la plupart des faits qui s'y trouvent par d'autres journaux. Cependant je vous prie de m'abonner pour trois mois pour ce journal des Curés, chez Madame Nyon, et je serai bien aise qu'elle sache que c'est pour moi, parce que je lui ai, comme vous le savez, des obligations. Vous aurez la bonté de prendre l'abonnement sur mon petit argent.

Ce que vous me dites d'Aline me fait bien plaisir. Je souhaite sincèrement que cette jeune personne tourne bien ; elle est propre à faire un grand bien... Quand vous verrez la M. Générale de St-Thomas, présentez-lui mes respects. Je m'intéresse infiniment à elle.

Les espérances de la paix en donnent aussi aux citoyens du Temple. Quelque chose qu'il arrive, mettons tout notre contentement dans l'accomplissement du bon plaisir de Dieu, et faisons . servir la maladie et la santé, et la liberté et la prison, à sa gloire et à notre avancement spirituel.

Je suis dans le Seipneur, ma chère fille, tout à vous.

A Mademoiselle Adélaïde.

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