L. J. Ch
Ce vendredi 17 juillet.
Ma chère fille, vous avez dû recevoir de moi avant-hier une lettre par la petite poste, que j'ai crue pressée, dans la crainte que ma lettre à mademoiselle Durand ne partît avec le billet que j'y avais inséré pour M. Beulé. Ce billet, depuis la réception de sa lettre, n'était plus de saison et pouvait être nuisible. Je vous priais de le retirer et de me le renvoyer. Si la lettre était déjà partie, veuillez bien écrire le plus tôt possible à mademoiselle Durand de ne point remettre le billet, de le brûler, et même de n'en point parler... Je n'ai pas été fort content de la lettre de M. Beulé ; elle est, comme à l'ordinaire, laconique, sèche, mais honnête ; il apporte des raisons assez mauvaises pour excuser sa démarche et use de récrimination contre la Société. Elle ne répond guère à ce que M. Presleur me marque de ses bonnes dispositions. La lettre de M. Presleur est au contraire très satisfaisante. Je répondrai le plus tôt qu'il me sera possible à l'une et à l'autre. J'ai déjà répondu à M. Beulé une longue lettre ; parce qu'elle demande plus de réflexion, du moins contre mon ordinaire, j'en ai tiré le brouillon, parce que, s'il ne communique pas ma réponse à M. Presleur, je crois qu'il sera bon que je lui en envoie une copie ; cela a été mon occupation, ces deux jours passés. Je Vous renverrai ces lettres afin que vous les fassiez passer à Mademoiselle Durand, parce que monsieur Beulé doit aller incessamment à Chartres. Je me suis bien singulièrement recommandé à N. S. et à sa Sainte Mère en écrivant à M. Beulé, et j'ai bien à cœur que ma lettre produise l'effet que j'en désire. Je vous recommande bien cette affaire ; elle est pour nous de très grande importance, et plus encore pour lui et pour ceux dont le retour dépend du sien. Je vous demande" une neuvaine, avec quelques amies, à cette intention, et quelques communions pour le cher confrère. Je m'unirai fortement à vous.
Je ne me suis pas encore occupé de la lettre de M. Guépin, mais il paraît qu'il serait bien aise que la détermination ne fût pas trop différée.
Je suis charmé de votre dîner chez mademoiselle le Jay, et plus encore de votre voyage à la Salpêtrière et de tout ce que vous m'en • dites ; il doit en résulter du bien. Je souhaite que Dieu ait béni de même votre voyage de St-Germain.
Quelque chose que nous fassions, faisons tout pour la gloire de Dieu, en union avec J. Ch et sa Ste Mère. C'est en eux que je suis, ma chère fille, tout à vous.