‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 17 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Vendredi 24 juillet 1807.

Ma chère Fille,

Ce que vous me dites au sujet de l'offre que j'ai faite à M. Beulé est très juste et très vrai ; j'y réfléchissais en lui écrivant, et dans

d'autres circonstances je ne lui aurais pas fait la même proposition. Mais, en examinant la chose devant Dieu, j'ai cru devoir la lui faire, supposé qu'il revienne à Dieu et à nous dans toute la sincérité de son cœur. Peu de personnes dans la Société savent les justes griefs que nous avons contre lui, et il ne nous siérait pas de les divulguer. Tout le monde sait les grands services qu'il nous a rendus et qu'il a plus d'une fois exposé sa vie pour nous. Il jouit d'une bonne réputation et la mérite à bien des égards. Après, on aurait quelque droit de crier à l'injustice si, i° lui revenant comme je le suppose sincèrement à nous, nous ne le distinguions pas singulièrement des autres, puisqu'il est le plus ancien de tous et qu'il nous en avait attiré plusieurs. 2° Dans l'emploi que je lui confie, comme il est peu de personnes qui soient spécialement sous sa dépendance, il ne serait pas en son pouvoir de nuire ; on pourrait toujours avoir recours à moi. 3° S'il revient sincèrement, il aura fait de sérieuses réflexions sur sa conduite passée ; ma lettre, en plusieurs points, lui donne occasion de le faire. 40 Si la chose n'est que proposée, avant qu'elle soit accomplie j'aurai sujet de le sonder davantage et de lui donner des avis salutaires. 50 J'aurai soin de prévenir M. Presleur de veiller à ce qu'on ne fasse rien qui ne soit conforme à nos règlements, et vous, de votre côté, vous y veilleriez vis-à-vis de vos filles. Ces raisons, jointes à la grande prépondérance qu'il a sur nos autres confrères qui sont dans le même cas que lui, et aux effets destructifs que produirait son entier éloignement de nous, m'ont fait passer sur les autres considérations, et me font vous prier d'envoyer à mademoiselle Durand ma lettre telle que je l'ai écrite.

Depuis trois jours, ma santé n'est pas bonne ; je n'ai presque rien pris, ce qui m'affaiblit beaucoup. Je ne puis rien faire, c'est mon ancienne incommodité des glaires ; il me semble cependant que. ce matin, je suis un peu mieux... Vous ne me dites rien de votre santé, mais je suppose qu'elle aura beaucoup souffert de l'excessive chaleur. Je bénis Dieu de ce que vous me dites du changement de cet homme après la mort de sa femme ; il faut qu'il s'y soit passé quelque chose de surprenant. Dieu a voulu vous marquer par là combien votre zèle et ce que vous avez souffert Lui étaient agréables.

Je suis charmé que vous ayez été contente de la lettre de Monseigneur l'archevêque d'Aix.

Priez pour moi et ne cherchons en tout qu'à faire glorifier Dieu, Jésus-Christ son Fils et sa très Sainte Mère.

Je suis, dans le Seigneur, tout à vous.

A Mademoiselle Adélaïde.

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