‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 18 sur 116 · L. J. Cx · texte numérisé non relu

L. J. Cx

Mardi 28 juillet 1807.

Grâce à Dieu, ma chère fille, me voilà presque entièrement libre de mon indisposition qui, sans me causer de grandes souffrances, me tenait dans un malaise de corps continuel et m'ôtait le pouvoir de m'appliquer à rien de sérieux. J'ai bien passé les deux nuits dernières et j'ai commencé hier à manger à peu près comme à mon ordinaire. Je vous remercie, ma chère fille, de vos attentions et de vos soins qui sont extrêmes pour ma santé. Votre limonade m'a fait grand bien ; il m'en reste encore, parce que j'ai cru devoir la couper avec de l'eau, ce qui l'a rendue plus rafraîchissante ; la nuit, je l'ai mise à l'air ; je ne crois pas qu'il m'en faille davantage. J'ai mis aussi un peu de mélasse dans mon eau. On m'a demandé hier si je voulais quelque chose pour mon dîner, et j'ai répondu que je m'en tiendrais à mon traiteur ; ce qu'il m'apporte est plus que suffisant pour moi.

C'est assez parler de la misérable carcasse qui bientôt sera dans la terre, et dont il faut avoir cependant quelque soin tandis que Dieu nous laisse dans ce bas monde. Prenons-en donc soin en voie de Lui, mais que ce soin soit modéré et prenons garde de n'y point excéder, autrement nous nous écarterions de son bon plaisir et nous nuirions au bien de l'âme... Vendredi est la St-Ignace ; songeons à la bien célébrer dans le Seigneur ; que j'aurais besoin de son esprit de sagesse et de sainteté ! Demandez-le pour moi. Que Dieu vous comble de ses plus douces bénédictions.

Je suis, dans les S.C. de J. et de M. tout à vous.

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