L. J. Ch
Jour de St Ignace 31 juillet 1807.
Ma chère fille,
J'ai lu avec beaucoup de consolation vos petites exhortations à vos filles ; et je n'y ai vu rien à changer, rien qui ne soit très bon.
Je vous remercie de votre petit dîner qui m'a fait grand bien et que j'ai mangé de grand appétit. J'ai goûté de votre nouvelle gelée et de votre marmelade ; l'une et l'autre sont fort bonnes. Ce sont les prémices que votre charité en a offertes au Seigneur ; que sa bonté miséricordieuse les change pour vous en un baume de vie et de santé qui vous restaure pleinement les forces dont vous avez si grand besoin pour son service et pour celui de ses membres pauvres et souffrants .
Je crains que votre voyage d'hier ne vous ait incommodée. C'est par méprise que j'avais répondu « Oui » à Laurence ; j'aurais voulu vous faire dire le contraire mais je n'en ai pas eu l'occasion ; sans doute la divine Providence avait ses vues. Pour ce qui me regarde, il me paraissait inutile. Je ne vous en ai pas moins d'obligations ; les soins et les peines que vous prenez pour moi sont sans nombre. Je continue toujours à être de mieux en mieux. Je célèbre aujourd'hui la St-Ignace avec un bon et digne ami, M. de la Rousière. Portez-vous bien et priez pour moi. Dans les S.C. de Jésus et de Marie, tout à vous.