‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 20 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

1807. 4 août, jour de St Dominique, notre première connaissance.

Vous m'avez envoyé bien des lettres, ma chère fille, sur lesquelles je ne vois pas que j'aie beaucoup de choses à vous dire et que je vous renvoie.

Vous avez déjà reçu celle de mademoiselle Durand. Il est fâcheux que M. Beulé ne vienne pas à Chartres, mais, à son défaut, ce serait un bien que monsieur Pellerin vît la lettre... Rassurez madame de Chiflet sur ce qui la regarde elle-même ; encouragez-la, animez-la à la confiance. Pour l'hospitalière, prière et patience ; suspendez la consécration et à plus forte raison les vœux, si elle n'en remplit pas les engagements. Le renvoi n'est pas un remède, c'est le dernier châtiment... La faiblesse de mademoiselle Gaillard à l'égard de son frère est digne de compassion. En ce cas, il ne lui reste qu'à suivre le conseil de M. de Montaigne ; mais elle doit sentir qu'elle doit prendre le tout sur elle-même et ne rien mettre sur le compte de la Société... Je vous laisse à décider avec M. Bourgeois sur mademoiselle Pillois, si elle doit aller à Tours et si elle doit faire ses vœux ; si vous jugez qu'il y ait un an complet depuis sa consécration, il n'y a point de difficulté. Autrement il faut remettre la chose à M. Guépin, en l'en prévenant si elle va à Tours,... Je vous laisse aussi la décision de Louise Merle et de la sœur Borgia. Pour celle-ci, vous aurez sans doute consulté mademoiselle Adenis... La devise de Sainte Thérèse est bien "rendue par M. votre frère.

Je vous renvoie les lettres de madame de Rumigny ; sa situation est pénible pour la nature. Quand vous lui écrirez, ne m'oubliez pas auprès d'elle. On ne peut lui refuser ce qu'elle demande pour ellemême. Pour la religieuse hospitalière, il faut bien examiner si elle est encore sous l'obéissance religieuse d'une supérieure. En ce cas, elle ne pourrait pas être admise, mais agrégée... Pour mademoiselle Cavillon, remettez la décision à madame de Rumigny.

Angélique était d'assez mauvaise humeur quand elle vous a répondu... Dans la lettre d'Amable, il m'a paru que M. Vielle poussait la prudence un peu loin au sujet de mademoiselle Deshayes. Il ne m'a point encore écrit depuis sa première et unique lettre.

Je vous envoie la lettre que m'a écrite mademoiselle Chevalier ; elle aurait mieux fait de vous l'adresser. C'est pour savoir quand elle doit venir, sur la permission que vous lui en avez donnée. Elle voudrait des décisions précises ; il y en a, ce me semble, qu'il faut laisser à la générosité des personnes. Au reste, dans un entretien verbal, on discute bien des choses qu'on ne peut pas décider par lettres.

Les lettres de mademoiselle Hains sont toujours pleines de bons sentiments, ainsi que celle de madame St-Pierre. Je ne vois rien qui doive vous empêcher de vous prêter avec discrétion à ce que madame St-Pierre désire de vous. Je compte répondre dans quelque temps à mademoiselle Hains.

Bien des respects à madame St-Pierre, à monsieur l'abbé Pin, M. Denys, Sortais, etc.

Adieu, ma chère fille, voilà bien des objets dans un petit espace. Ce que vous me dites de votre santé me rassure un peu ; la mienne est fort bonne. Quand est-ce que j'aurai la consolation de vous voir ? Je n'en sais rien, Dieu le sait et je me résigne à sa sainte volonté. Je suis, dans les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, tout à vous.

5 août 1807.

Votre billet, ma chère fille, m'a fait grand plaisir. Vous pouvez bien penser que je ne vous oublie point dans la grande action, puisque sans vous je serais privé de mon bonheur. C'est demain la Transfiguration de Notre-Seigneur ; puissiez-vous vous porter assez bien pour en profiter.

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