L. J. Ch
Ce 13 août 1807.
Ma chère Fille,
Je viens d'écrire, à votre demande, quelques mots sur notre bonne Mère. Je n'avais pas compté, cette année, vous rien envoyer sur ce sujet. Ce n'est pas que je n'eusse tout récemment travaillé sur cette matière, et nommément sur la gloire dont elle jouit dans le ciel. Cela fait partie de l'ouvrage que j'ai maintenant sur le métier, mais cela me paraissait un peu trop élevé et pas assez pratique pour la plupart de nos filles. C'est pourquoi, pour répondre à vos désirs, j'ai fait à la hâte ce que je vous envoie ; j'espère que vous serez contente et que Dieu le bénira en passant par votre bouche.
J'ai lu avec intérêt toutes vos lettres, tant de Provence que d'ailleurs ; je suis sensible à tout ce qu'on y dit pour moi et je vous prie d'y répondre.
J'avais déjà mandé à M. Bourgeois que vous ou lui eussiez à
écrire au plus tôt à Tours ; que moi j'enverrais ma lettre pour mademoiselle Gaillard. Je la félicite de tout ce que vous m'en dites. Je n'ai pas encore vu Augustine ; je suis charmé qu'elle soit agréée et j'approuve qu'elle fasse ses vœux. Votre bonne santé me fait grand plaisir, la mienne est fort bonne. Je vous remercie et M. Moleter des abricots et des prunes. Je serai avec vous le jour de la fête, et suis dans les SS. CC. de Jésus et de Marie, tout à vous.