‹ Lettres du P. de Clorivière, 1787-1814Chapitre 28 sur 116 · L. J. Ch · texte numérisé non relu

L. J. Ch

Vendredi 25 septembre 1807.

Ma chère fille,

Je suis bien touché de ce qu'on m'a dit de votre grande faiblesse. Il est vrai qu'on m'a un peu rassuré en m'apprenant hier que vous allez mieux. Puissions-nous, comme Saint Paul, trouver de nouvelles forces dans nos faiblesses en recourant à Dieu avec plus de confiance et en mettant en Lui notre espoir.

Je crois que nous l'avons fait, mais nous sommes en ce moment dans le cas de le faire plus spécialement. J'ai su que toutes les belles promesses dont on nous a bercés de la police n'étaient qu'un jeu et n'avaient rien de réel. Je n'en dis pas moins de bon cœur le Fiat. Ce n'est pas sur les hommes'mais sur Dieu seul que j'ai toujours compté. J'ai fait demander à la Police permission pour M. d'Aubonne de me voir et je crois qu'on me l'accordera.

Il faut qu'il y ait eu du malentendu dans ce que mademoiselle Durand a compris, que je n'avais pas reçu de réponse de Monsieur Beulé. Vous avez eu entre les mains la lettre que je lui ai écrite en réponse, avec celle que j'ai écrite en même temps à Monsieur Presleur.

La lettre que vous m'avez envoyée de Monsieur Pochard contenait de fort bonnes nouvelles de Franche-Comté ; mais vous les aurez sues sans doute par madame Chiflet. J'ai été aussi très content de la lettre de Rosalie de Goësbriand et de nos autres filles de Dôle.

Les lettres de Normandie ne sont pas si satisfaisantes. J'ai été occupé hier toute la iournée à y répondre et je le serai encore aujourd'hui.

La lettre d'Amable est très satisfaisante ; mais il me paraît surprenant que la mère de Séraphin (mot illisible) veuille l'engager à se faire Trappiste : cela marque bien peu de réflexion.

Les prières que j'ai demandées regardent la Normandie. Je suis bien actuellement ; puissiez-vous aussi reprendre des forces. Soyons dans le Seigneur un cœur et une âme. Tout à vous.

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